mercredi 24 avril 2013

Usine d’Engrais à West, Texas, USA et projet d’usine d’engrais du Groupe OLAM à Port Gentil, Gabon – les mêmes risques, quoique.



Le site de l'usine d'engrais de West, entre Waco et Dallas au Texas, après la très violente explosion survenue mercredi. (Photo Adrees Latif. Reuters)

Explosion de l'usine de West au Texas. Copyright Associated Press.
Cette vision apocalyptique n'est pas extraite du film Terminator.




Rappel du contexte :

Le groupe OLAM veut mordicus installer une usine d’engrais à Port Gentil, pour utiliser le gaz de l’industrie pétrolifère.
Notre ONG s’est plusieurs fois levée contre ce nouveau projet en décrivant les risques supplémentaires liés à ce nouveau programme dans la ville pétrolière de Port Gentil, et quelques jours avant l’explosion d’un stockage dangereux à Mpila, en plein Brazzaville au Congo en Mars 2012.

Lire notre dossier ici
Risques Environnementaux de Port Gentil – notre Proposition de pôle industriel alternatif
http://h2ogabon.blogspot.fr/2012/12/risques-environnementaux-de-la-zone.html

Quelques questions qui fâchent :
L’accident industriel intervenu ce 17 avril (20h) à West au Texas (USA) dans une usine d’engrais (ammoniac) peut il se reproduire à Port Gentil dans le projet lancé d’usine d’engrais lancé par le groupe OLAM avec le soutien du gouvernement gabonais ?
OUI, comme tout accident industriel, et en particulier les projets classés SEVESO.

Les procédures de sécurité dans le fonctionnement de l’usine ont-elles été appliquées ?
Ces normes sont internationales, et toutes les sociétés doivent les suivre. Il est probable qu’il y ait moins de laxisme dans les pays où contrevenir à ces normes peuvent faire l’objet de punitions punitives (comme aux USA), en revanche, le laxisme est courant dans les pays où l’Etat de droit n’est pas (encore) une réalité.

L’explosion causée par cet accident au Texas a été enregistrée avec la même force qu’un séisme de magnitude 2,1 et ressentie à une distance de 80 km, selon le Centre américain de géophysique (USGS).
Quel seraient les nouveaux dégâts causés à la ville de Port Gentil, capitale pétrolière du Gabon
-          où arrivent les pipelines reliant l’unique usine de raffinage du Gabon et le terminal pétrolier ?
-          alors que l’usine prévue est très proche de la ville qui s’étend inexorablement ?
Se référer au dossier d’enquête public qui a dû traiter de ces sujets et qui a été escamoté à la vue des sachants.

L’explosion de l’usine West Fertilizers a dégagé une boule de feu de 30mètres de diamètre, semblable à une explosion nucléaire. Depuis la plus grande partie de la population de la ville (2500 personnes).  
Qu’en est il des plans d’évacuation si un tel accident se produisait à Port Gentil ?
Les équipes d’urgence de West, Texas (équipes médicales d’urgence, hôpitaux capables d’accueillir 160 patients brûlés, pompiers) existent-elles à Port Gentil au Gabon? NON.

Cartographie de l'onde de choc


Le bilan humain le soir du 17 Avril :

Selon le maire de la ville de West, Texas:
50 à 60 maisons d’habitation dans un rayon de 5 blocs ont été très endommagées. Les maisons au Texas sont fabriquées en parpaing épais de ciment.
160 personnes ont été conduites dans les hôpitaux pour traitement médical.

Selon le Directeur des Services Médicaux d’Urgence, le Dr George Smith, il est possible qu’il y ait entre 60 et 70 morts suite à l’explosion de l’usine d’ammoniac. Le Docteur Smith confirme la mort de 6 pompiers, 2 membres des Services Médicaux d’Urgence (para médicaux), un policier et 7 pensionnaires de la résidence proche.
On cite aussi que 10 membres des Services Médicaux d’Urgence sont portés manquants et que la Garde Nationale a été appelée en renforts.
Les vapeurs de gaz en combustion cause des problèmes de respiration et d’irritation des yeux, même à bonne distance de l’explosion.

Notre détermination
Nous avons alerté en leur temps les autorités de la Ville de Port Gentil, le Directeur Général du Groupe OLAM Gabon qui porte un projet d’usine d’engrais dans la zone franche de Port Gentil et le Cabinet du Chef de l’Etat.

Lire notre dossier ici
Risques Environnementaux de Port Gentil – notre Proposition de pôle industriel alternatif
http://h2ogabon.blogspot.fr/2012/12/risques-environnementaux-de-la-zone.html
Ce nouvel accident industriel après celui de Mpila au Congo voisin (en Mars 2012) nous renforce dans notre détermination de tout faire pour arrêter ce projet industriel. Faisons preuve de civisme, de devoir et de dignité. N’ajoutons pas de nouveaux risques industriels à la précarité, le manque d’eau et le manque d’électricité qui sont monnaie courante dans notre pays, qui pourtant bénéficie de toutes les conditions pour que nous puissions vivre dignement. Nos enfants nous regardent.

des maisons "soufflées" à West, Texas


A lire pour aller plus loin

Texas : l'usine d'engrais, déjà épinglée, n'avait plus été contrôlée depuis 2006
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/19/texas-l-usine-deja-epinglee-n-avait-plus-ete-controlee-depuis-2006_3162575_3244.html?xtmc=west&xtcr=10

Usines d’engrais, quels sont les risques en France ?
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/19/usines-d-engrais-quels-sont-les-risques-en-france_3162895_3244.html

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mercredi 3 avril 2013

Inondations à Port Gentil - Nouvelles photos - Suite


Quelques photos prises par Henri Auguste samedi 30 Mars 2012, autours du siège social de H2O Gabon, à Port Gentil.









Nous avons maintes et maintes fois alerté sur les dégâts causés à Port Gentil par l'érosion du littoral, la montée des eaux, l'absence de gestion rationnelle des flux et l'industrialisation sans prise en compte des données environnementales. Voici les conséquences palpables d'une gestion à court terme. Il est temps pour nos responsables politiques de changer de paradigme avant que cela ne soit trop tard.
Nos enfants nous regardent. Soyons responsables.




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Inondations à Port Gentil : Le calvaire des portgentillais après la grande pluie


Lu sur Gabonews - 01-04-2013 - Intervention de Henri Michel Auguste.

cimetière inondé
Chercher sur notre blog nos articles sur ce sujet:


L’impact des pluies du week-end écoulé est encore perceptible à travers la ville de Port - Gentil. Des habitations, des structures sanitaires et autres édifices sont dans les eaux. Soumise à la dictature des inondations, le spectacle est consécutif aux pluies du 29 au 30 mars dernier.
En faisant un tour de ville ce lundi de Pâques, les eaux sont toujours présentes dans les cours des habitations et à plusieurs autres endroits.
Le calvaire est partout, que ce soit dans les quartiers appelés « résidentiels » ou dans les bidons villes, les récentes averses n’ont épargné aucune classe sociale.
Pour évacuer les eaux, certains ont employé des motos pompes, par contre d’autres se sont contentés de vider les eaux dans les maisons à l’aide des seaux ou même de contempler la situation qui affaiblit toute la population. « Le mois de mars n’a pas fait de cadeau à cette ville », a constaté un confrère.
Port-Gentil a encore en mémoire la pluie torrentielle du 20 au 21 mars 2013 avec le décès de Jeannette Moussavou. Cette dernière voulant emprunter un pont de fortune qui flottait à l’eau proche de chez elle, avait posé ses pieds sur des fils de courant inondés dans le lac artificiel.
Joint par téléphone ce matin, le président de l’ONG H2O, Henri Michel Auguste a dit : « Nous craignons d’enregistrer d’autres cas similaires. Nous avons l’impression que les autorités ne vivent pas les mêmes réalités ».
Toute la capitale économique a subi les assauts de dame nature, les cités des morts se sont encore inondées. Le directeur des services techniques de la mairie, Elian Mavoungou, n’a daigné commenter la situation que vit la commune à chaque saison de pluies.

motopompe en action

C’est la désolation chez les habitants, certaines familles ont inhumé leurs proches sous la pluie utilisant des motos pompes ou autres vidoirs.
Crédit photos : LDN
GN/LDN/DR/YKM/13

Autres photos de Port Gentil sous les eaux - Copyright Gabonews (31 Mars 2013).








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jeudi 21 mars 2013

21 Mars 2013 - Lettre ouverte aux Nations Unies pour la sauvegarde des Forêts

Copyright
www.Sauvonslaforet.org











En ce jour de célébration de la première journée internationale pour les forêts, HO Gabon a cosigné cette lettre ouverte pour la sauvegarde des forêts, adressée aux Nations Unies (UN) et à ses principales organisations internationales en charge de la question (FAO, CBD, UNFCC et UNFF).

Pour paraphraser un slogan déjà connu, « La forêt est notre avenir, économisons la ».


OPEN LETTER TO THE UN AND ITS INSTITUTIONS AND INITIATIVES RELATED TO FOREST ISSUES
(FAO, CBD, UNFCCC, UNCCD AND UNFF)
21 March – the first ´International Day of Forests´

An appeal to urgently halt forest destruction, addressing the underlying causes
The UN has launched one more initiative to call attention to the fate of the world´s forests: 21 March from 2013 onwards will be the International Day of Forests. But will the Day make any difference to the forests and people who depend on them, considering that the UN International Year of Forests in 2011 went largely unnoticed?
Indeed, the UN should lead the measures to halt tropical deforestation, and therefore it should know and appropriately address the causes of forest loss. The most important direct causes of deforestation are quite well known, and include logging, the conversion of forested lands for agriculture and cattle‐raising, industrial tree plantations, urbanization, mining, oil and gas exploitation, hydroelectric dams and industrial shrimp farming. The underlying causes that drive deforestation, however, are multiple, interrelated, less easily visible, and often little discussed and understood. A thorough process of analyzing underlying causes of deforestation, undertaken in the late 1990s by the UN with significant civil society participation, concluded that these drivers of deforestation are related to land tenure, resource management, trade, international economic relations in general and social exclusion.
The FAO claims that deforestation was lower in the period 2000‐2010, compared with the previous decade. Still, 13 million hectares of mainly tropical forests, including mangrove forests, were destroyed each year in this period; and the actual figure is likely to be even higher because FAO continues to consider industrial plantations as forests. By defining “forests” as any land with a certain quantity of trees on it, the FAO distorts the data: the real forest loss appears lower than it actually is because for the FAO, industrial tree monocultures are the same as diverse forests that provide home and food for forest dependent peoples.
The International Day of Forests comes in the wake of renewed international attention to tropical forests that started with climate negotiators putting the role of forests in climate change on the agenda of UN climate talks: since 2007, the UN climate summits have been debating REDD – Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation. But have the efforts put into REDD+ resulted in reduced deforestation or at least a reversal of the current trend? Have the many initiatives undertaken since REDD emerged slowed the loss of forests worldwide? Are mangrove forests (“blue carbon”) less degraded today than they were in 2007? Are forest peoples’ rights better protected today than they were in 2007? Have the pledges of Northern governments to contribute US$ 7.7 billion, as well as the renewed attention itself for forests internationally really been able to slow, and eventually halt the loss of forests?
Recent reports from Brazil and Indonesia, the two countries where most of the forest was lost during 2000‐2010, indicate that after a short dip in the rate of deforestation according to FAO statistics, deforestation is going on and many new forest areas are under threat of large‐scale corporate‐driven activities that destroy forests.
Those same actors involved in forest destruction are often at the same time involved in projects that allegedly aim to protect forests, for example through REDD+ projects. These actors include transnational corporations, Northern but also Southern governments, financial market institutions including the World Bank, big conservation NGOs and certification organizations. With the UN at the forefront, all of these key actors defend the so‐called “green economy”, presented as a “winwin” approach that tackles both the economic‐financial and environmental crises, by redirecting investments to unlock so‐called “natural capital”, as well as new, supposedly clean technologies (such as those based on biomass) and the “carbon market”, as well as the trade in “environmental services” in general. In tropical forest countries, this is leading to increasing conflicts, human rights violations and resistance. The destruction, if anything, has increased, not decreased, let alone stopped (1).

Forest destruction must be halted – urgently!
This letter is an international appeal that forest destruction needs to be urgently halted – and not just “reduced”. Forests are vital for forest peoples, whose way of life depends on them. An indigenous leader from Eastern DRC states: “The forest and the indigenous peoples could be described as inseparable friends. The life of a pygmy depends 100% on the forest because the forest is our home ‘par excellence’. I can state that without the forest, there can be no life for indigenous peoples” (2). Halting deforestation and the recognition of land rights are of special importance for indigenous peoples in voluntary isolation. An increase in land grabbing, much of it in forest areas, and the ongoing destruction of forests, particularly through the “concession model” of logging, agriculture and mining, put at risk the continued voluntary isolation because most often the areas where peoples in voluntary isolation are able to still survive on this planet and maintain their way of life are the very areas targeted by land grabbers. Halting forest loss is also crucial to combat social exclusion and to respect the rights of Nature and its intrinsic value. Furthermore, forests are important for humanity in general, especially the populations in tropical forest countries. It is extremely concerning that forests are increasingly affected by the effects of climate change. The perpetuation of the current unsustainable production and consumption model is at the root of both, the climate and forest crises. Initiatives aimed at truly halting deforestation – or avoiding runaway climate change – will therefore need to address these root causes.
To halt deforestation, the underlying causes that drive forest loss need to be eliminated. Urgent actions needed towards this end include:
‐ Recognition of the rights of forest and forest‐dependent communities over their communal territories with special attention to the indigenous peoples in voluntary isolation; these rights must include the right to control decisions affecting the territories of forest dependent communities.
‐ Define forests by their true meaning for forest‐dependent peoples; exclude industrial tree monoculture plantations from the definition: Plantations are not forests.
‐ Expose and halt the destruction caused by transnational corporations (TNCs) and other actors who lead the land grabbing process; the past decade has shown that TNCs cannot be regulated: their existence and increasing influence are a main threat for the future of tropical forests.
‐ Expose and break the pattern of corporate‐driven false solutions like ´sustainable’ large‐scale activities in tropical forests, REDD+, trade in environmental services, public‐private partnerships, certified “green economy”, etc.. Instead, propose and defend true solutions which mean defending locally sustained economies, in terms of the use of for example minerals, biomass and energy. We reiterate the call of the international Oilwatch network: Leave the oil in the soil and the coal in the hole!
‐ Support efforts to consume less forest destroying products instead of initiatives that promote buying the certified products from large‐scale operations and companies that continue to destroy forests.
Above all, on this first International Day of Forests we call on the UN and its forest‐related institutions to heed the lessons of past initiatives aimed at ending deforestation: Halting forest loss will remain an illusion until action is undertaken to eliminate the underlying causes that drive deforestation.
Notes:
1.‐ For more information on Deforestation see “ A brief overview of deforestation in tropical forests” at


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