vendredi 30 janvier 2026

Les emballages oxo-dégradables : une fraude écologique et économique à grande échelle en Afrique






Contexte législatif et historique

L'interdiction des plastiques à usage unique est entrée en vigueur au Gabon le 23 septembre 2025, en application de l'article 5 de l'ordonnance n°0012/PR/2024 du 26 février 2024, ratifiée par la loi n°009/2024 du 5 août 2024.

Cette mesure nécessaire intervient près de quinze ans après une première tentative initiée en mars 2010 à Port-Gentil par l'ancien Président Ali Bongo Ondimba. À l'époque, bien que nous ayons salué cette initiative et alerté le Chef de l'État sur les enjeux, l'influence des lobbies de fabricants d'additifs avait entravé son application effective.

Référence historique : 

Lettre ouverte à M. Ali Bongo Ondimba (H2O Gabon)

 

Il aura fallu une décennie et demie pour que l'État parvienne à imposer cette réglementation face à des intérêts privés puissants.

La fraude des plastiques oxo-dégradables

Depuis quinze ans, certains industriels commercialisent des plastiques dits « oxo-dégradables » en les présentant faussement comme biodégradables. Cette pratique constitue une fraude avérée, la biodégradabilité étant strictement encadrée par la norme EN 13432.

La dangerosité et l'inefficacité écologique de ces matériaux ont conduit à leur interdiction stricte :

  • En France : Interdits depuis 2015, la France étant précurseur sur ce sujet.

Source gouvernementale : 

Questions-réponses sur les emballages oxo-fragmentables (Ministère de l'Écologie)

 

  • En Europe : Interdits depuis 2019.
  • Confirmation juridique : Le Tribunal de l’Union Européenne a confirmé cette interdiction le 31 janvier 2024, en rejetant les recours des fabricants d'adjuvants.

Source juridique : 

Plastique oxodégradable : le Tribunal de l'UE valide l'interdiction (Actu-Environnement)

 

Carences législatives et impact environnemental

Les législations africaines auraient dû imposer la norme EN 13432 et les certifications TÜV Austria ou DIN CERTCO (labels OK Compost). En omettant ces précisions, les législateurs ont laissé le champ libre aux produits oxo-dégradables, souvent préférés car moins coûteux que les véritables bioplastiques compostables.

Ces plastiques oxo-dégradables contiennent des métaux lourds et se fragmentent en microparticules, polluant gravement l'environnement marin et terrestre au lieu de se biodégrader.

Source scientifique : 

Les plastiques oxo à la poubelle (Expédition MED)

 

Situation au Gabon : une double escroquerie

Au Gabon, une double fraude a été constatée : des sachets oxo-dégradables sont étiquetés abusivement « oxo-biodégradables ». Nous alertions déjà sur ces dérives dès 2013.

Archive H2O Gabon : 

Droit de réponse (Juin 2013)

 

Enjeux économiques et appel au Président de la République

Compte tenu des volumes de consommation, la filière des plastiques oxo-dégradables génère probablement entre 24 et 36 milliards de FCFA par an au Gabon.

Nous appelons respectueusement le Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguéma, à ne pas céder aux pressions de ces lobbies. La transition vers de véritables emballages biodégradables et compostables est impérative pour la santé publique, l'environnement et l'image du Gabon en tant que leader écologique sous-régional. C’est un pas en avant pour favoriser l'économie du Tourisme local et international.












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