Contexte législatif et historique
L'interdiction
des plastiques à usage unique est entrée en vigueur au Gabon le 23 septembre
2025, en application de l'article 5 de l'ordonnance n°0012/PR/2024 du 26
février 2024, ratifiée par la loi n°009/2024 du 5 août 2024.
Cette mesure nécessaire intervient près de quinze ans après
une première
tentative initiée en mars 2010 à Port-Gentil par l'ancien Président Ali Bongo
Ondimba. À l'époque, bien que nous ayons salué cette initiative et alerté
le Chef de l'État sur les enjeux, l'influence des lobbies de fabricants
d'additifs avait entravé son application effective.
Il aura fallu une décennie et demie pour que l'État
parvienne à imposer cette réglementation face à des intérêts privés puissants.
La fraude des plastiques oxo-dégradables
Depuis quinze ans, certains industriels commercialisent des
plastiques dits « oxo-dégradables » en les présentant faussement comme
biodégradables. Cette pratique constitue une fraude avérée, la biodégradabilité
étant strictement encadrée par la norme EN 13432.
La dangerosité et l'inefficacité écologique de ces matériaux
ont conduit à leur interdiction stricte :
- En
France : Interdits depuis 2015, la France étant précurseur sur ce
sujet.
- En
Europe : Interdits depuis 2019.
- Confirmation
juridique : Le Tribunal de l’Union Européenne a confirmé cette
interdiction le 31 janvier 2024, en rejetant les recours des fabricants
d'adjuvants.
Carences législatives et impact environnemental
Les législations africaines auraient dû imposer la
norme EN 13432 et les certifications TÜV Austria ou DIN
CERTCO (labels OK Compost). En omettant ces précisions, les
législateurs ont laissé le champ libre aux produits oxo-dégradables, souvent
préférés car moins coûteux que les véritables bioplastiques compostables.
Ces plastiques oxo-dégradables contiennent des métaux lourds
et se fragmentent en microparticules, polluant gravement l'environnement marin
et terrestre au lieu de se biodégrader.
Situation au Gabon : une double escroquerie
Au Gabon, une double fraude a été constatée : des sachets
oxo-dégradables sont étiquetés abusivement « oxo-biodégradables ». Nous
alertions déjà sur ces dérives dès 2013.
Enjeux économiques et appel au Président de la République
Compte tenu des volumes de consommation, la filière des
plastiques oxo-dégradables génère probablement entre 24 et 36 milliards
de FCFA par an au Gabon.
Nous appelons respectueusement le Président de la
République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguéma, à ne pas céder aux
pressions de ces lobbies. La transition vers de véritables emballages
biodégradables et compostables est impérative pour la santé publique,
l'environnement et l'image du Gabon en tant que leader écologique sous-régional.
C’est un pas en avant pour favoriser l'économie du Tourisme local et
international.





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