jeudi 27 juin 2013

Droit de réponse à Monsieur Donald SODJI, directeur d'« Ecologic-Togo » ou « Candide au pays du plastique »

Donald SODJI, directeur d'« Ecologic-Togo » ou « Candide au pays du plastique »



Droit de réponse du 25.08.2012

A propos de l’interview par Monsieur Jacques GANYRA du lundi 23 Juillet 2012.

Jumeler commerce et développement. AFRISCOOP.net

 



Ayant pris le temps de la réflexion face à l’interview de Monsieur Donald SODJI, Directeur d’« Ecologic-Togo » dans Afriscoop à Lomé, nous sommes surpris de la méconnaissance et de l’ignorance de ce Monsieur en matière de plastiques. Depuis quelques années maintenant, H2O GABON mène la lutte contre les sacs/sachets plastiques ou sacs/sachets dits « Oxo-biodégradables * », je souhaiterai lui rappeler l’état de l’art en matière de sacs/sachets plastiques et  sacs/sachets biodégradables :
1.     Par sacs ou sachets plastiques conventionnels, ce sont des sacs en plastique issues de l’industrie pétrochimique, à base de polyéthylène ou de polyuréthane, dont le temps de dégradabilité et de pollution peut aller de 100 ans à plus de 400 ans.
2.     Par sacs ou sachets plastiques oxodégradables ou « oxo-biodégradables * », dans ces derniers, ils existent des substances intermédiaires qui pendant la dégradation sont toxiques. Nous les trouvons sous l’appellation de sacs dits «oxodégradables ou  *oxo-biodégradables» mais qui sont conçus avec du plastique fragmentable : c’est en fait un plastique classique auquel on a rajouté un fragmentant ou un additif. Il se transforme en confettis de polyéthylène qui ne sont évidemment pas du tout biodégradables. En outre, l’agent fragmentant contient des métaux lourds et des lytiocarbonates ou des molécules chimiques organiques plus ou moins toxiques. Autant dire que l’on n’a aucun intérêt à utiliser ce type de produit si ce n’est son prix est moins élevé qu’un produit compostable (il y a donc erreur sur la qualité de la marchandise...).
* terme oxo-biodégradable parfois utilisé par les fabricants n’est pas conforme à la norme de biodégradabilité (la norme harmonisée EN 13432), du fait de l’écotoxicité de ces sacs. C’est un excès de langage, ni plus ni moins, pour vendre des produits non conformes.
En conclusion : ce sont des sacs en plastique identiques aux sacs ci-dessus auxquels on ajoute un additif qui en accélère la fragmentation, dont le temps de pollution visuelle (phases macro et micro fragmentation) est de 6 mois à plus 1 an. Mais le temps de dégradabilité et de pollution reste toujours le même de 100 ans à plus de 400 ans.
Concernant les sacs plastiques conventionnels ou oxodégradables, ce sont ces sacs qui seront frappés d’interdiction dans l’avenir, et ils seront remplacés progressivement  par les sacs biodégradables et compostables.
Pour savoir si un produit biodégradable est toxique ou non, on suit un protocole bien précis. Pour faire des tests de biodégradabilité et de compostabilité réussis, on fait pousser des plantules d’orge sur des produits dégradants. Ces plantules sont censées se développer. Si ce n’est pas le cas, c’est que ces produits contiennent des éléments phytotoxiques et qu’ils sont toxiques pour les plantes. Pour connaître l’écotoxicité d’un produit, on le biodégrade dans un milieu aquatique avec des daphnies qui sont des petits animaux que l’on donne à manger aux poissons rouges. Ces animaux sont très sensibles à la moindre pollution. Donc s’il y a une pollution écotoxique, elles ne se développent pas et meurent. Ce sont des tests qui sont utilisés pour savoir si un produit est biodégradable et compostable.
3.     Sacs ou sachets biodégradables et compostables : ce sont des sacs uniquement composés par des provendes et des résidus de l’agriculture biologique sans O. G. M. (fécule de maïs, gluten de blé, amidon de pomme de terre ou autres) donc n’entrant pas en concurrence avec l’alimentation humaine ou animale. Cette matière première est communément désignée par l’appellation BIOPLAST (pour bio plastique). Du fait de l’utilisation de cette matière première sans O. G. M., les bactéries chargées de la dégradation et du compostage du produit, ne consomment aucun polluant. Ce résultat permet d’amender car très riche en éléments indispensables aux sols et aux végétaux. Ces sacs sont conformes à la norme européenne (EN 13432 et OK COMPOST).
Temps de dégradation : c’est le temps que mettent les bactéries pour faire disparaître et transformer le produit initial, en éléments assimilables par les végétaux.
Les produits compostables sont dégradés de manière entièrement naturelle par des micro-organismes : champignons microscopiques et bactéries. Ils se décomposent ainsi naturellement et il n’y a donc pas d’incinération des déchets. « Il faut savoir que l’incinération est polluante ! Elle rejette dans l’Environnement des PCB, des dioxines et des métaux lourds vaporisés cancérogènes et tératogènes. La pollution provoquée par les incinérateurs, est surtout liée à la production de dioxines que l’on retrouve dans le lait et la viande. C’est par ingestion que la contamination se fait. La contamination par l’air est moins importante ». Un produit compostable est donc un produit qui n’a aucun impact négatif sur l’Environnement. De plus, les produits compostables permettent d’enrichir les cultures en humus en se dégradant. L’humus, parfois nommé terre végétale, désigne la couche supérieure du sol crée et entretenue par la décomposition de la matière. Les produits compostables permettent d’obtenir un humus sein, sans métaux lourds, sans intermédiaires de biodégradation toxique, en bref un produit « clean ». Cet humus peut être utilisé pour l’agriculture et le jardinage. En fin, il faut savoir que le compostage collectif coûte 4 fois moins cher que l’incinération des déchets. Il demande juste un tri supplémentaire des matières organiques des ménages et des industries et l’utilisation de sacs 100 % biodégradables et 100 % compostables.
En ce qui concerne la définition de la biodégradabilité, nous la trouvons expliquée et détaillée dans la norme EN 13432 reconnue par tous les membres de la CEE, dont 2 laboratoires uniquement sont habilités à délivrer le certificat de biodégradabilité selon la norme ci-dessus pour l’Europe (1 en Belgique AIB-VINCOTTE et 1 en Allemagne). Donc en aucun cas les sacs ou sachets Oxodégradables ne peuvent être Bio comme Monsieur Donald SODJI semble l’affirmer. D’ailleurs la société que ce dernier cite en référence soit d2w, reconnait dans son document questions/réponses (voir page 3 surligné en jaune), qu’elle n’a pas reçu le certificat de biodégradabilité selon la norme communément admise EN 13432. A cet effet, je conseillerai à Monsieur Donald SODJI, de faire tester ces sacs et sachets auprès d’AIB-VINCOTTE, s’il veut rassurer sa clientèle ainsi que les Autorités de son pays sur la marchandise qu’il souhaite commercialiser… Nous restons évidemment à son entière disposition pour que l’Afrique, notre continent ne soit plus la poubelle des produits que les pays industrialisés ne veulent plus chez eux.
Nous conseillons aussi à la rédaction d’Afriscoop de valider l’argumentaire général de leurs intervenants en interrogeant les spécialistes qui s’expriment sur le sujet. Nous avons écrits de nombreux articles sur le sujet, qui sont disponibles en lecture à tout à chacun sur le réseau mondial. Chacune de nos contributions est signée avec nos coordonnées de contact.

Port Gentil, le 25 Aout 2012
Henri, Michel AUGUSTE
Président, H2O GABON
ONG pour la protection de la Nature et de l’Environnement
Port Gentil, Gabon
«  Une aventure humaine de gens passionnés  par la Protection de la Nature et de l’Environnement »
Téléphone : 00 241 07 53 77 70
Courriel : h2ogabon@yahoo.fr




Cet article a été publié le 25 Aout 2012 sur notre site Web, dans notre dossier de presse consacré aux Sacsplastiques biodégradables et compostables, conformes à la norme EN 13432. Etant donné que nous savons que les requêtes d’utilisateurs de sachets montent en intensité, une piqure de rappel est sans doute nécessaire pour rappeler les risques environnementaux sur le sujet des sacs plastiques dits « oxo biodégradables ».



Lire aussi cette interview de Henri Michel Auguste dans

Notre Lettre ouverte à Monsieur Ali Bongo Ondimba
L'association H2oGabon, précurseur dans la protection de l'environnement

Sur le blog BioAddict : Attention aux faux sacs biodégradables.
Sur le blog BioAddict : Tous les produits biodégradables ne sont pas écologiques ! L'interview vérité sur le plastique bio.
Sur le blog In Fuseon : Lumière sur les sacs plastiques: comment reconnaître le bon grain de l’ivraie?

Sur le site d’informations AllAfrica : Congo-Kinshasa: Les avantages des sacs biodégradables

Lire aussi les deux récents articles de notre partenaire industriel et commercial ARTAXERKES sur les bioplastiques EN 13432 et les produits et résines biodégradables et compostables.

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