Association pour la Protection
de la Nature et de l’Environnement
« Des hommes et des femmes au service de leur
passion »
Régie
par la Charte de la Terre
Mon Général,
Monsieur Brice, Clotaire OLIGUI NGUEMA,
Président du CTRI,
Président de la
République,
Chef de l’Etat,
Sujet : le plastique sous toutes ses formes et en
particulier les sacs et sachets bien souvent à usage unique mettent en péril
notre Environnement et notre Santé depuis de trop nombreuses années.
Lors d'un déplacement à Port
Gentil en mars 2010, l'ancien Président avait pris la décision qui paraissait
salutaire pour les générations actuelles et futures d’interdire l’importation
des sacs plastiques au Gabon, dans le cadre de la lutte contre l'insalubrité
engendrée par cette matière, afin de les remplacer au fur et à mesure par les
sachets biodégradables et compostables. Cette décision a fait l’objet de l’arrêté 1489/MECIT/CAB du 16 juin 2010
théoriquement entré en vigueur le 1er juillet 2010.
H₂O GABON avait suivi cette question avec
beaucoup d’attention, ayant de longue date sur ce sujet mené des études de
terrain sur la commune de la Ville de Port Gentil en 2007 et sur celle de
Minvoul en 2008. À l'issue de ces enquêtes, nous avions préconisé des solutions
viables et fiables pour le bien de notre
Environnement et de notre Santé.
Or, les mesures annoncées le 9
juillet 2010 par le Ministre chargé de l'Environnement ont été prises en totale
méconnaissance des expertises scientifiques sur le plastique. De fait, leur
application va totalement à l’encontre des objectifs que le Gabon s'était fixé,
à savoir réduire sa dépendance au plastique. Il convient de préciser quelques
termes techniques :
- Sacs ou sachets plastiques
conventionnels, ce sont des sacs issus de l’industrie pétrochimique, à base de
polyéthylène ou de polyuréthane, dont le temps de dégradabilité et de pollution
peut aller de 100 ans à plus de 400 ans. Le recyclage de ces sacs est très
marginal voir anecdotique, surtout en termes d'éco bilan.
- Sacs ou sachets plastiques oxo
dégradables ou oxo « biodégradables », ce sont des sacs similaires
auxquels on ajoute un additif qui accélère la fragmentation, ils ne sont
évidemment pas du tout biodégradables. En outre, l’agent fragmentant contient
des métaux lourds et des lytiocarbonates ou des molécules chimiques organiques
plus ou moins toxiques. Autant dire qu’il n’y a aucun intérêt à utiliser ce
type de produit si ce n’est que son prix est moins élevé qu’un produit
compostable.
- Sacs ou sachets biodégradables
et compostables, ce sont des sacs uniquement composés de provendes et de
résidus de l’agriculture biologique sans O. G. M. (fécule de maïs, gluten de
blé, amidon de pomme de terre ou de manioc). Cette matière première est
communément désignée par l’appellation BIOPLAST (pour bioplastique). Du fait de
l’utilisation de cette matière première sans O. G. M., les bactéries chargées
de la dégradation et du compostage des sachets ne consomment et ne produisent
aucun polluant. Ceci permet d’amender les sols avec un substrat riche. Ces
sachets sont certifiés par la norme internationale EN 13432 pour l’Europe ou
son équivalent aux USA et en Asie.
Le 9 juillet 2010, l'ancien
Directeur Général de l’Environnement a cru devoir informer les opérateurs de la
plasturgie (fabricants et distributeurs) que dorénavant la norme des sachets
plastiques seront les sacs « oxo biodégradables », qui devront être assujettis
impérativement à une certification de biodégradabilité délivrée par la société
Symphony Environnemental, qui a été désignée partenaire agréé par le
Gouvernement gabonais en matière de biodégradabilité.
Cette décision
aberrante exige quelques éclaircissements.
Comment une entreprise privée
peut-elle agréer et certifier sa propre production, laquelle, de surcroît, ne
respecte pas l’Environnement ?
Comment peut-elle imposer ses
produits comme standard dans un Etat de droit ?
Comment peut-elle aussi agréer
les productions d’autres sociétés par rapport à ses propres critères ?
La solution envisagée par l'ancienne Direction Générale de
l’Environnement est une véritable aberration écologique !
C’est pourquoi, nous comptons sur
votre vigilance afin que votre engagement pour les générations futures ne soit
pas trahi par des problèmes d’exécution dans la chaîne de décision et pour que
survive le « Gabon Vert ».
H₂O GABON se tient à la disposition de tous
interlocuteurs que vous voudrez bien éventuellement désigner pour apporter tous
compléments d’information utiles sur ces questions sensibles relatives à la
protection effective de notre Environnement.
Je vous prie de bien vouloir
agréer, mon Général, l’expression de mon profond respect.
Fait à Port-Gentil, le 18 juin 2024,
Le Président
Henri, Michel AUGUSTE
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H2O GABON, Association pour la Protection de la Nature
et de l’Environnement
Régie par la Charte de la Terre
B.
P. 1991 PORT-GENTIL
GABON.
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