mercredi 25 février 2026

Le changement climatique dans la ville de Port Gentil, Interview à Radio Mandji, 24-02-2026

 



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Cette interview a été retranscrite avec l’aide Gemini 3 Flash et relue et éditée par une vraie personne.

 

Partie1 (fichier Mp3)


Liz Obone Ondo Oyane, Journaliste à Radio Mandji : Bonjour monsieur, présentez-vous s'il vous plaît.

Henri Michel Auguste : Je me nomme Henri Michel Auguste, Auguste est mon nom de famille. Président fondateur de l'ONG H₂O Gabon, Association pour la Protection de la Nature et de l'Environnement.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Aujourd'hui, nous allons parler du changement climatique à Port-Gentil. Nous allons aborder cette question dans tout le sens qu'il faut. Donc, la première question est la suivante : Quel est le principal risque lié au changement climatique pour la ville de Port-Gentil ?

Henri Michel Auguste : Écoute, je pense que d'abord il faut quand même le prendre dans sa globalité. Le Gabon n'est pas responsable de ce qui lui arrive dans le changement climatique. On le sait très bien, ce sont les pays industrialisés. D'ailleurs, on sait qu'il y en a un qui vient d'abroger la charte qu'il avait faite sur le changement climatique — je ne vais pas le citer, mais c'est Monsieur Donald Trump, tout fier de lui.

On sait que des changements climatiques, il y en a eu tout au long de l'existence de la Terre. Ça peut être dû à des catastrophes naturelles comme par exemple, un super volcan qui émet beaucoup de gaz à effet de serre et qui va provoquer ce qu'on appelle un hiver nucléaire. Ça peut être dû à une météorite. Et tout ça, évidemment, chaque fois enclenche une extinction de masse.

Peut-être que notre... le siècle d'avant, le 20e siècle pardon, était peut-être un début de changement climatique naturel. Mais il se trouve que l'industrialisation et l'asservissement de l'humanité aux hydrocarbures, au charbon et au gaz ont fait qu'on a accéléré ce phénomène beaucoup trop vite. Ce qui va provoquer, ce qui est en cours de provoquer une extinction de masse. Et comme disaient certaines personnes que l'on a vues dans les médias, Monsieur Pierre Rabhi ou l'astrophysicien Hubert Reeves, qui disaient : « Si la biodiversité disparaît, l'humanité disparaît ». Malheureusement, c'est lié. Voilà pour le thème général.

Donc, en ce qui concerne Port-Gentil, évidemment on en subit les conséquences même si le Gabon n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Même si maintenant, d'après les dernières statistiques, on s'aperçoit que l'Afrique est en équilibre entre production de CO2 et captation du CO2. Il faut bien le savoir alors qu'avant nous étions créditeurs : on produisait plus d'éléments qui permettaient de stocker le CO2, donc la biodiversité, qui permettait justement de limiter cet effet. Mais maintenant, on est en train de rattraper les autres beaucoup plus rapidement qu'il ne le faudrait.

Concernant Port-Gentil, on a plusieurs phénomènes qui se rencontrent. Je vais toujours parler du phénomène de l'homme.

Liz Obone Ondo Oyane : C'est-à-dire ?

Henri Michel Auguste : Les phénomènes anthropiques. Par exemple, on a changé les courants, ce qui est la vérité, en construisant des infrastructures parce qu'on ne savait pas que si on faisait telle chose à tel endroit, on allait changer les courants sous-marins, ce qui provoque de l'érosion. On a coupé des mangroves, on coupe encore des forêts qu'on ne reboise pas tout à fait. Donc tout cela participe au réchauffement climatique et aux conditions climatiques.

La ville de Port-Gentil est peut-être la ville la plus impactée puisque le Gabon est comme une barque et Port-Gentil est à la proue de cette barque. Port-Gentil, je le dis bien, sera la première ville qui disparaîtra au Gabon. Je ne peux pas dire quand, je ne suis pas devin ni Nganga, mais tôt ou tard, il arrivera que Port-Gentil disparaisse. Et ça, c'est la réalité. Il y a l'érosion, il y a la montée des eaux. Et d'ailleurs, à ce sujet, une dernière étude parue d'après un satellite de la NASA dit que la montée des eaux se fait de plus en plus rapidement. C'est la vérité. Avant, ça montait un tout petit peu, alors que là maintenant, ça s'accélère. Ça veut dire qu'on emballe la machine.

Ensuite, il y a un deuxième phénomène à Port-Gentil, c'est le poids de la ville qui n'est pas négligeable. En plus, on est sur du sable avec une couche d'eau pas très loin, ça fait un peu "roulement à billes" et la ville s'enfonce. On a donc un phénomène qui monte (l'eau) et un phénomène qui descend (la terre). Pourquoi on a plus d'inondations à Port-Gentil ? Je viens un peu de l'expliquer. On a une ville qui descend, donc ça fait cuvette. En plus, la pluviométrie est beaucoup plus importante. Les canaux que l'on a faits ne sont plus adaptés. Même si parfois on a l'impression qu'il ne pleut pas trop souvent, quand il pleut, il pleut vraiment, et les canaux ne suffisent plus.

Liz Obone Ondo Oyane : Donc nous pouvons dire que ces inondations sont aussi dues au changement climatique ?

Henri Michel Auguste : Ah, tout à fait ! C'est la même chose. S'y ajoutent un peu les incivilités des individus et des populations, mais je dirais que c'est peut-être une infime partie.

Liz Obone Ondo Oyane : Et la sécheresse alors ?

Henri Michel Auguste : La sécheresse est due à des cycles qui changent. Avant, on n'avait pas de moments comme ceux-là, c'est la vérité. Des canicules, on n'en avait jamais au Gabon. Et là, je vois que depuis plusieurs jours, il fait relativement chaud, même la nuit. Il faut savoir que la chaleur va impacter la santé des populations : premièrement les personnes de mon âge, deuxièmement les nourrissons et les jeunes, et enfin les personnes qui ont des maladies chroniques. Tout cela va devoir être pris en compte par l'État gabonais. Est-ce qu'on est prêt à ça ? Je n'en suis pas sûr.

Ensuite, ça va impacter l'agriculture. Il n'est pas certain que ce qui pousse actuellement au Gabon, on puisse encore le cultiver dans quelques années. Il y a déjà des signes précurseurs. Je vais vous prendre un exemple : j'ai un beau-frère qui a des plantations de bananiers à Bitam. Il m'a dit : « Henri, il y a deux ou trois ans, je plantais mon bananier et un ou deux mois plus tard, il faisait déjà au moins 1m50. Maintenant, ce sont des nains. »

Cela veut bien dire que même la végétation est impactée. Notre alimentation va donc changer dans les années à venir parce que les plantes ne se sentiront plus à l'aise dans notre pays et dans les pays environnants. Car ce n'est pas uniquement nous ou Port-Gentil, c'est malheureusement un phénomène mondial. Et d'après ce que j'ai entendu de la COP, ce n'est pas près de s'arranger, malheureusement.

 

Partie2 (fichier Mp3)

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Nous allons passer à la deuxième question : Quelle est la principale cause de la vulnérabilité de Port-Gentil face au changement climatique ?

Henri Michel Auguste : Ben, comme je vous l'ai dit, c'est une pointe qui s'avance dans la mer. Il y a un autre fait, comme je dis, il y a le réchauffement climatique qui provoque des intempéries brutales et violentes. Ensuite, la subsidence, le fait que la ville s'enfonce, et ça c'est la vérité. Ensuite, on a coupé des mangroves, on a détruit des courants, et ensuite, il y a aussi un phénomène, c'est qu'on enlève beaucoup de sable dans l'Ogooué.

D'ailleurs, j'ai un ami qui m'a dit qu'il faut qu'on en parle, il y a encore des reprises de sable anarchiques dans la ville. Si on enlève du sable, il faut savoir que Port-Gentil, c'est quelque chose qui s'est constitué pendant des milliers voire des milliers d'années. Ce sont les alluvions qui sont descendues du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem et des autres coins qui ont comblé cette partie et qui ont fait avancer Port-Gentil. Et si on enlève ce sable qui devait arriver, eh ben ça stagne et ça régresse.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Quel est l'objectif principal des mesures prises, d'après vous, par les autorités gabonaises pour faire face au changement climatique ?

Henri Michel Auguste : Je serais peut-être un peu méchant, je dirais qu'on n'a pas pris grand-chose malheureusement. Et c'est là le vrai problème. Je pense qu'on ne prend pas assez en compte que le changement climatique, le réchauffement climatique, les intempéries vont s'accélérer et que de plus en plus, on va avoir des soucis.

Dernièrement, là, j'ai fait une émission, je crois que c'était TV+ Africa, où je suis passé en direct, j'ai dit : on a des militaires qui ont du matériel. Pourquoi ne pas les former dans chaque province comme une unité de sécurité civile au cas où demain il y ait un problème ? Faire face à ce genre de chose, ce serait déjà une sécurité d'agir rapidement, parce que bon, vous savez comme moi que quand il y a des inondations et que certains endroits sont submergés, si on ne fait pas vite, il y aura vite des disparus et des morts, hein. Et tout le monde ne sait pas nager dans notre pays, malheureusement.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Quel est le rôle de la population dans la lutte contre le changement climatique ? Qu'est-ce que la population peut faire pour lutter contre ce problème de changement climatique dans notre ville ? Nous savons d'abord qu'il y a d'abord l'incivisme des populations qui est d'abord là.

Henri Michel Auguste : Et je pense que surtout, c'est de prendre conscience de ce qui nous arrive et pas de dire : « Bon, hop, ce n’est pas mon problème ». Vous savez, j'ai un vieux sage gabonais un jour qui m'a dit : « Tu sais Henri, pourquoi ici on ne plante pas d'arbres quand on est à un certain âge ? Parce que la personne qui va le planter, il ne va pas en profiter. » Et si on fait la parallèle, on se dit : « Ben oui, bon, ce sera les autres qui s'en chargeront », mais non. C'est nous, ce sont nos générations à nous qui avons provoqué cela. Et je suis dans le lot aussi, même si j'essaie de faire attention.

On essaie de faire attention de limiter, je veux dire, les gaz à effet de serre, les... comment dire, des tas de choses que l'on peut faire au quotidien, en faisant attention. Regardez, je vais vous prendre un exemple. Vous avez remarqué, je suis fumeur. On jette un mégot, un mégot, c'est 500 litres d'eau polluée. Arsenic, plomb, mercure, des tas de produits innommables qui devraient faire arrêter la majorité des fumeurs. Est-ce qu'on en prend conscience ? Faites la route, vous verrez des tas de mégots. Moi les miens, ils sont là, ils sont là. Le seul problème c'est qu'après ça va à la décharge, mais est-ce qu'on les traite ces déchets ?

Ensuite, en parlant justement de la décharge parce que j'aimerais bien y venir dessus. Il y a quelque temps, j'ai été invité par un ami du côté de Tchengué à boire un verre et la nuit était en train de tomber. Comme je fume, je suis sorti du bar. Normal, il faut avoir certaines règles quand même à respecter. Et puis je vois au fond, je regarde comme ça, et puis j'interpelle deux petits jeunes qui passaient. « Les jeunes, mais c'est quoi là-bas qui brûle ? » « Ah mais monsieur, c'est la décharge. » J'ai dit : « Arrêtez ! Vous me racontez des histoires ! » « Mais non, c'est tous les jours comme ça, ça brûle en permanence. » Vous savez que le fait de brûler une décharge, ce sont des toxines en permanence, et la majorité du vent, il vient vers Port-Gentil. Donc ça veut dire qu'indirectement aussi, ça nous intoxique.

Liz Obone Ondo Oyane : Tout ce qu'on respire...

Henri Michel Auguste : Vous savez tout ce qu'on respire, je vais vous dire : les fumées toxiques, les fumées des gaz d'échappement — parce que ça il faudrait un peu contrôler quand même, quand on voit certains véhicules, pas mal de véhicules circuler, ils devraient être interdits. Ensuite après, il y a ce que l'on pourrait dire, les microplastiques, les nanoplastiques, les sachets plastiques qu'on nous vend actuellement. Vous voyez, c'est écrit en gros : "biodégradables". Biodégradables ? Non ! Ça n'existe pas. C'est faux. Ce sont les anciens qui sont revenus avec juste la mention biodégradable. Les sacs... parce que je disais à un moment donné, je disais : « Mais pourquoi vous ne laissez pas les vieux plastiques ? » L'avantage c'est qu'un vieux plastique on peut le récupérer. Ceux-là non, au bout de deux-trois mois, ils se fragmentent en de plus en plus petits morceaux que l'on respire.

Liz Obone Ondo Oyane : Que l'on respire.

 

Partie3 (fichier Mp3)

Liz Obone Ondo Oyane : Vous, en tant qu'acteur de l'environnement, qu'est-ce que vous proposez pour lutter contre le changement climatique à Port-Gentil ?

Henri Michel Auguste : Pour Port-Gentil à notre échelle, ce n'est malheureusement pas qu'à Port-Gentil qu'il faut lutter, c'est sur l'ensemble du globe. Et est-ce que les bonnes décisions sont prises ? Je suis dubitatif. Mais bon, ce que l'on peut faire, c'est quand même déjà envisager — sachant que Port-Gentil va disparaître — qu'est-ce qu'on fait de cette ville ? D'abord, elle pèse combien cette ville ? En milliards... 1 000 milliards, 2 000 milliards ?

Liz Obone Ondo Oyane : On peut avoir des chiffres ?

Henri Michel Auguste : Très compliqué à avoir, je vais vous dire honnêtement, parce qu'on n'aime pas, surtout dans ce genre de chose, on n'aime pas trop parler de chiffres. 2 000 milliards, 3 000 milliards ? Ça produit combien en argent ? Parce qu'il y a la production, ça fait rentrer dans les caisses combien ? Est-ce que ça vaut le coup de laisser faire et d'abandonner ?

Moi j'ai fait déjà trois propositions. Il y en a deux qui seraient justes et équitables, une qui serait envisageable mais c'est impossible de tenir dans la durée. La première, ce serait, comme l'ont fait certains pays, de déplacer la ville petit à petit sur l'eau. Comme ça, on résoudrait le problème de l'eau.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Pour parler un peu du cas des inondations, que faut-il faire pour que la ville, la majorité des quartiers ne s'inondent plus ? Est-ce qu'il faut surveiller les canalisations ? Est-ce qu'il faut des canalisations ? Qu'est-ce qu'il faut exactement ?

Henri Michel Auguste : Ce qu'il faudrait, c'est déjà les adapter à ce qui nous arrive.

Liz Obone Ondo Oyane : C'est-à-dire ?

Henri Michel Auguste : Agrandir, approfondir en profondeur, les curer régulièrement. Parce que quand vous regardez les canaux, il y a de tout là-dedans : du sable, des chariots, des mobylettes, des vélos, des bouteilles plastiques, tout ce que vous voulez. Ça n'empêche indirectement l'eau de s'évacuer quand elle doit s'évacuer. Je n'ai pas dit que c'est le seul phénomène, mais si on adaptait peut-être, peut-être que l'on arriverait un peu à juguler toutes ces inondations.

Et les conséquences à la suite de cela, ça permettrait peut-être de freiner un peu ce qui nous arrive. Donc je vous disais : soit on passe sur l'eau, ce qui serait une solution. Deuxième chose, c'est de faire reculer la ville de Port-Gentil de 15 km vers l'intérieur des terres. Il faut abandonner le trait de côte. Et d'ailleurs, je suis sûr que si on commençait, si on avait, il y a une vingtaine d'années, la superficie exacte du Gabon, ben je suis sûr qu'elle a déjà rétréci du fait du trait de côte qui recule partout — parce qu'il ne faut pas oublier, on a 800 km quand même de côtes, ce n'est pas un petit peu !

Donc il faut reculer la ville. Première solution, c'est la moins chère parmi les plus chères. Deuxième solution, ce serait l'intermédiaire. Troisième solution, ce serait de se battre, mais ça c'est "ad vitam aeternam" et c'est inenvisageable.

Il y a des financements pour ça. Regardez Jakarta : 5 à 10 millions d'habitants. Ils ont déplacé la ville au fur et à mesure, ils la déplacent depuis 15 ans à 50 km à l'intérieur des terres. Financé par qui ? Banque Mondiale, Fonds Mondial pour l'Environnement... C'est financé ! Parce qu'on sait qu'il y a des villes qui pèsent, qui représentent un sacré poids au niveau production, au niveau économique. Et si on ne fait rien... Port-Gentil, je crois qu'au niveau économique on est quand même bien placé, hein.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Votre mot de fin par rapport à ce sujet ?

Henri Michel Auguste : Ce que j'aimerais bien, c'est que pour une fois on nous écoute. Je n'ai pas dit "qu'on m'écoute", j'ai dit "qu'on nous écoute". Nous sommes la voix de la raison, de la sagesse — parce que je peux parler de sagesse puisque je peux le dire, j'ai 66 ans, un tout petit peu plus vieux que l'indépendance. J'ai des enfants, j'ai une maison. Demain je ne voudrais pas qu'ils soient obligés de plonger pour venir observer leur maison ou rendre visite à leurs ancêtres. Mes parents sont enterrés au cimetière à côté de l'ancienne agence des télécommunications...

Liz Obone Ondo Oyane : Gabon Télécom ?

Henri Michel Auguste : Voilà. Et j'en ai d'autres qui sont enterrés au cimetière de Nazareth. Donc, parce que tout ça, on en fait quoi ? On le jette à la poubelle ? Je crois que nos ancêtres, ils ne vont pas apprécier. Donc je pense qu'il faut prendre en compte, décider ce que l'on va faire, faire des comités qui permettent de faire des propositions, de voir après avec l'État quelles seraient les possibilités de financement auprès des organismes internationaux financiers. Mais pour ça, il faut un dossier qui tienne la route. Ce n'est pas juste deux feuilles et dire "on a besoin d'argent pour...", non. C'est quelque chose, dire : voilà, cette ville elle représente tel poids pour nous au niveau économique, c'est quand même peut-être la première ville.

Liz Obone Ondo Oyane : D'accord. Merci monsieur Auguste.

Henri Michel Auguste : De rien, c'est moi qui vous remercie pour l'interview et je vous souhaite une bonne journée.


Pour aller plus loin :
Gabon, la menace climatique : l'érosion risque de faire disparaître Port Gentil • FRANCE 24 : Signez notre pétition !


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