samedi 26 septembre 2026

Fuck la planète : Le choix du réchauffement, une série documentaire coup de poing à voir sur Arte.tv. 3 parties à visionner.

 



Fuck la planète : Le choix du réchauffement (1/3)

 

Comment, du XIXe siècle à nos jours, les alertes scientifiques sur le dérèglement climatique ont été ignorées, sous la pression des milieux politiques et économiques. Éclairant notre présent en péril, un exposé historique implacable, nourri de passionnants témoignages d'experts.

Dès le XIXe siècle, des chercheurs identifient les effets potentiels de l'industrialisation sur l'atmosphère et prédisent une hausse des températures engendrée par les émissions de dioxyde de carbone. Après la Seconde Guerre mondiale, des scientifiques liés au projet "Manhattan" – à l'origine de la bombe atomique –, qui y voient une opportunité d'imposer le nucléaire, alertent à leur tour sur l'impact des énergies fossiles. En pleine guerre froide, les stratèges du Pentagone envisagent, eux, d'utiliser les phénomènes climatiques comme des armes. La météorologie, l'océanographie ou la géophysique progressent alors à grands pas, tandis que la modélisation du climat devient possible grâce à la puissance de calcul des ordinateurs. Alors que les avertissements se multiplient et que la jeunesse se mobilise pour l'environnement, l'Organisation des Nations unies (ONU) organise en 1972 le premier sommet de la Terre à Stockholm. Mais le choc pétrolier qui suit conduit les puissances occidentales à relancer la production de charbon…

Inaction coupable

Allégorie d'un monde en danger, Jakarta prend l'eau, poussant l'Indonésie à ériger une nouvelle capitale dans la forêt de Bornéo. Mais alors que l'urgence de l'adaptation s'impose, les milieux d'affaires prônent un nouveau capitalisme vert. "Le développement durable est en réalité une diversion. Ceux qui défendent la croissance verte s'intéressent davantage à la croissance qu'au vert", fustige Dennis Meadows, coauteur en 1972 d'un rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur les limites de la croissance dans un monde fini. Entrelaçant riches archives, séquences d'animation et interventions d'activistes, de journalistes et d'éminents chercheurs (le climatologue James Hansen, l'environnementaliste Rafe Pomerance, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, qui coprésida un groupe de travail du Giec…), cette série documentaire de Jean-Robert Viallet (L'homme a mangé la Terre) retrace, sur deux siècles en trois épisodes, les mises en garde et coups de boutoir successifs qui ont entouré la question climatique. Au croisement de l'histoire industrielle, des idéologies et des avancées scientifiques, cette dense chronologie, écrite avec le concours de l'historien des sciences et de l'énergie Jean-Baptiste Fressoz, rappelle avec force que le réchauffement planétaire n'était pas une fatalité. Mais pour le moment, malgré les sommets internationaux, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) et les mobilisations citoyennes, les lois du marché et la perpétuation de nos modes de vie continuent de prévaloir sur la lutte contre le dérèglement climatique, dessinant un avenir dystopique dont les plus vulnérables subissent déjà les ravages. (Texte repris du site Arte.tv)

Réalisation Jean-Robert Viallet
2006, France

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Fuck la planète : Le choix du réchauffement (2/3)

En 1979, le deuxième choc pétrolier affecte les économies mondiales. Tout en se tournant vers le charbon, le président américain Jimmy Carter consulte les meilleurs climatologues du pays. Le rapport "Charney" conclut qu'un doublement du CO₂ dans l'atmosphère pourrait entraîner un réchauffement d'environ 3°C au cours du XXIᵉ siècle.

Au prix de sa popularité, Carter encourage ses compatriotes à économiser les ressources. Son successeur, Ronald Reagan, chantre du néolibéralisme, sape les règlementations environnementales et commande un nouveau rapport à l'Académie des sciences, qui confirme les menaces mais préconise de miser sur les progrès technologiques plutôt que de réduire les émissions. Malgré les preuves apportées par le forage des glaces de Vostok, en Antarctique, la résignation gagne du terrain tandis que la Chine accélère son industrialisation grâce au charbon. En 1987, la mobilisation internationale autour du trou dans la couche d'ozone aboutit néanmoins à la signature du protocole de Montréal. L'année suivante, le climatologue James Hansen témoigne devant le Congrès, et les pays du G7 créent le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec. (Texte repris du site Arte.tv)

Réalisation Jean-Robert Viallet
2006, France

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Fuck la planète : Le choix du réchauffement (3/3)

Après la tenue du sommet de la Terre de Rio, et l'élection de Bill Clinton et de son vice-président Al Gore en 1992, les industriels ripostent. La Global Climate Coalition (GCC), un groupe de pression, finance des études biaisées, soutient des experts climatosceptiques et mène un intense lobbying pour semer la confusion et retarder toute régulation.

Parallèlement, la mondialisation s'accélère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre explosent, le protocole de Kyoto, qui vise à les réduire, est adopté fin 1997. Mais l'échec de sa ratification aux États-Unis, puis l'arrivée au pouvoir de George W. Bush sonnent comme une victoire pour les industriels. Si la GCC disparaît, sa stratégie perdure à travers des think tanks ultralibéraux, proches des extrêmes droites populistes, qui infiltrent les conférences internationales sur le climat et profitent de la caisse de résonance des réseaux sociaux. Bientôt, un mot s'impose face à l'évidente intensification du réchauffement climatique : l'adaptation, stratégie à la fois impérative et inopérante pour freiner la catastrophe, envisagée depuis longtemps comme la seule option réaliste par les élites politiques et économiques. (Texte repris du site Arte.tv)

Réalisation Jean-Robert Viallet
2006, France

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