Une ONG qui a vu le jour en 2005 à Port-Gentil, par la volonté de 5 personnes venant d’horizons et de pays différents. Elle s’est engagée dès le début, clairement pour la Défense de la Nature, puis distinctement dans la Protection de l’Environnement et enfin nettement dans une œuvre sociale à long terme au travers de ses actions présentes et à venir.
H2O Gabon est régie par la Charte de la Terre, Costa Rica.
24-10-2012
16:54 (commentaires : 5) sur gabonews.com
Entrainée
par les vagues de l’océan sur une plage de Port-Gentil, une tortue luth a
failli finir dans l'estomac d’un pécheur trop gourmand se trouvant sur les
lieux.
La bête a
été aperçue par un pêcheur en activité à la plage située au quartier Côte
d’Azur, dans une banlieue de la ville de Port-Gentil. L'homme croyant avoir
trouvé sa pitance du jour a commencé à donner des coups de manchette à
l'infortuné animal. Heureusement pour cette tortue luth, l'attention de
quelques travailleurs d’une société pétrolière présents dans les parages a été
attirée par l'étrange combat. Ces derniers ont accouru pour porter secours à
l'animal et l'arracher aux mains assassines de son bourreau. L'animal blessé a
été remis à l’eau.
Rappelons
que la tortue luth fait partie des espèces animales intégralement protégées par
la loi gabonaise. L’administration en charge de l’environnement et les
associations ou organisations de la société civile de ce secteur doivent
multiplier les campagnes de sensibilisation dans le but d’une prise de
conscience élargie.
Credit photo : DKT
GN/DKT/PGM/YKM/12
Henri Auguste, Président de H2O Gabon est intervenu sur ce sujet sur la chaîne TV locale de Port Gentil Top Bendjé. Vous pouvez visionner le reportage et l'interview complète ci-dessous.
L’Etat Gabonais a décidé de construire une nouvelle zone
industrielle ZIEC sur l’ile Mandji, sur le territoire de la Ville de Port
Gentil.
1 – La Ville de Port Gentil est construite sur l’ile
Mandji.C’est un terminal pétrolier,
soumis à l’érosion des côtes par la disparition progressive de la mangrove et à
la montée du niveau de la mer dû au réchauffement climatique.
2 – Le projet de Zone Industrielle de Port Gentil qui a fait
l’objet d’une consultation publique en Juillet 2011 (cliquer pour télécharger) prévoit :
- la destruction complémentaire de la mangrove
- le développement d’industries dangereuses en termes de risques industriels
3 – H₂O Gabon a rédigé divers articles dans la presse
nationale et internationale pour expliquer les risques industriels qui guettent
la Ville de Port Gentil :
4 – H₂O Gabon a enfin rédigé une proposition pour un
"Pôle Industriel Vert" faite au Directeur Général de OLAM Gabon le 4
Juillet 2012. Cette proposition est toujours lettre morte à ce jour.
Notre Projet alternatif pour la ZIEC de Port Gentil
Note adressée à Monsieur Gagan Gupta, Directeur Général de OLAM Gabon
Ce mémorandum fait suite à notre rencontre de
Libreville et de nos discussions au cours desquelles vous m’avez soumis vos
impératifs avec franchise et pour ma part je vous ai présenté mes appréhensions
face à la menace écologique de la destruction de la mangrove et de
l’installation d’une usine d’engrais chimique, sur la zone d’implantation de la
ZIEC.
Pour diminuer les tensions palpables et les hostilités de la population
Port-Gentillaise et pour redorer votre image mise à mal ces derniers temps dans
tous vos projets au Gabon (notamment dans le Woleu Ntem), je me permets de vous
soumettre la vision de H2O GABON au travers de son projet
alternatif pour la ZIEC, qui cadre avec la politique du « Gabon
Vert » définie par le Chef de l’Etat.
Notre proposition concernant le volet nature :
Ø Replantation
de la mangrove dans les zones humides non utilisées par OLAM, en vue de
protéger au mieux les sols et la ville de Port-Gentil, de l’érosion et de la
montée des eaux. Ceci fera l’objet d’un partenariat entre H2O
GABON et OLAM.
Ø Nettoiement
des principales artères des déchets plastiques.
Notre proposition concernant le volet
industriel :
Ø Création d’un complexe de
traitement de déchets (tri sélectif, recyclage et compostage). Cette industrie,
demanderesse de beaucoup de main d’œuvre non qualifiée, pourrait générer des
emplois (environ 500 postes, voire plus à terme). Elle se destinerait à traiter
les déchets de la Ville de Port Gentil et ceux de Libreville, voire ceux des
pays de la sous région amenés par conteneurs maritimes via le Port.
Ø Création d’une usine de
fabrication de produits finis en bioplastiques : sacs plastiques, poches à
eau, couverts jetables, films d’emballage, films industriels, films agricoles…
Impact en terme d’emplois créés : probablement 200 postes (et plus à
terme), avec une proportion de main d’œuvre peu qualifiée. L’usine pourra
servir les besoins d’emballage du Gabon et des pays de la sous région.
L’utilisation des bioplastiques est en effet inéluctable en Afrique, du fait
des dommages lourds causés par l’utilisation jusqu’à présent des plastiques
d’origine pétrolière.
Ø Création d’une usine
d’assemblage de panneaux en bambou, en vue de la construction de maisons
économiques et écologiques, puis plus tard fabrication sur place de ces
panneaux. Impact en terme d’emploi : probablement 300 postes, voire
beaucoup plus à terme, dont une grande partie de main d’œuvre peu qualifiée.
Ce projet est à mettre en perspective des importants besoins en habitat social
au Gabon – 200 000 à 250 000 unités – dont cette technologie pourrait
couvrir une partie.
Cette usine peut aussi naturellement trouver des débouchés dans les autres pays
de la sous région.
Ø Création d’une usine de
construction de véhicules et de cycles électriques, une collaboration à
envisager avec le groupe TATA ?
Ø Création d’un centre de call
center offshore, connecté sur les réseaux de fibres optiques desservant le
Gabon. Ce type d’activité se développe dans d’autres pays en voie de
développement (Algérie, Tunisie, Maroc, Ile Maurice, Côte d’Ivoire, Sénégal,
Bénin, Congo). Impact en termes d’emplois : probablement 300 personnes
main d’œuvre peu qualifiée, mais parfaitement francophone.
Ø Centrale électrique utilisant la
biomasse des déchets pour fonctionner.
Ø Etc…
Voici une vision générale de ce que
pourrait-être un pôle d’industrie verte dans cette ZIEC. La liste n’est pas
close.
Comme vous pouvez le constater, nous
avons déjà identifié des schémas industriels pour réaliser concrètement ces
projets, et en particulier :
- le hub de traitement de déchets,
- l’usine de fabrication de produits finis en bioplastiques,
- l’usine de montage puis de fabrication de panneaux en bambou, pour le
programme de maisons économiques et écologiques.
Nous restons à votre disposition pour en discuter plus avant, et sommes prêts
et capables de vous accompagner avec nos partenaires dans la réalisation de ces
projets.
Fait à Port Gentil, le 04 juillet 2012.
Mise à jour Août 2013 :
En connexion avec notre proposition sur les bioplastiques, nous vous invitons à lire les derniers articles sur le sujet de notre partenaire, la société ARTAXERKES.
1- Réponse à la consultation publique sur la ZIEC de
Port Gentil du 25/05/2012
Vidéo - Le rôle des Mangroves dans la protection de la faune et de l'environnement.
H2O Gabon / Top Bendjé TV (Port Gentil)
(Cette
intervention a été perturbée par des responsables du pouvoir qui ne pouvaient
accepter la critique).
La mangrove
est un milieu aquatique côtier dont les paramètres physico-chimiques de l’eau
varient plusieurs fois par cycle de 24 heures. L’eau passe par les états suivants :
eau douce, à saumâtre puis salée, et vice versa, en fonction des marées et des
saisons.
La flore
aérienne de ce milieu est composée en grande majorité de palétuviers. Le
palétuvier est un arbuste ayant des facultés adaptatives à ce genre de conditions
extrêmes. Grâce à ses racines aériennes, il retient la plus grande partie des
sédiments en suspension dans l’eau, évitant ainsi d’étouffer la microflore et
la microfaune alentours qui se développent sur les zones sableuses.
En dehors de
ses capacités filtrantes et de barrière anti érosion, la mangrove est un
réservoir d’une grande diversité : c’est un site de reproduction,
d’écloserie, de nurserie pour la faune aquatique benthique et pélagique.
On y trouve
aussi un nombre important d’espèces inféodées à ce type de milieu : des
invertébrés (mollusques, crabes, etc ...), des oiseaux du littoral (courlis,
mouettes, aigles, etc ...), des reptiles et des mammifères. Enfin, outre un
haut lieu de biodiversité, la mangrove est un écosystème primordial contre l’érosion
des côtes.
Elle forme
un barrage efficace contre la houle océanique surtout lors des tempêtes de la
saison des pluies. Détruire un tel écosystème mettrait donc en péril les grands
équilibres, et la ville de Port-Gentil, principalement lors des saisons des
pluies. Nous connaissons tous les problèmes que pose le terminal du Cap Lopez,
mais aussi le nouveau port : Leur construction a induit des modifications
dans les courants marins et sous-marins, en accélérant l’érosion dans
différents endroits de l’île Mandji et particulièrement de notre ville. Assez
régulièrement au Cap Lopez, des zones de plages s’effondrent dans l’Océan. Une
destruction complémentaire de l’écosystème ne va-t-il pas en accélérer le
phénomène ? Veut-on voir un jour le terminal pétrolier s’abimer dans
l’Océan ? La ville de Port Gentil est déjà au niveau de la mer et subit de
plein fouet la montée des eaux due au changement climatique, il me semble que
nous allons droit à la catastrophe. Peut-on se permettre de prendre un tel risque ?
A contrario, il serait souhaitable de développer à nouveau les mangroves, afin
que restaurer l’équilibre avec la Nature. C’est un coût financier très
raisonnable, au regard des risques financiers qu’il permet de prévenir.
La ZES a-t-elle nécessairement besoin
d’être construite sur des zones qui protègent la ville de Port-Gentil, ses
industries et plusieurs milliers habitations ? Qui payera les
conséquences dévastatrices de cette atteinte majeure à la mangrove qui
protégeait Port-Gentil gratuitement ? Nous, malheureusement …
Il y a
quelques temps déjà, j’ai eu la chance d’assister à la consultation publique
organisée par OLAM, qui est un acteur essentiel de cette ZES, puisque selon
leur présentation, il devrait y implanter différentes activités. Lors de cette
présentation sur la ZES, dans l’ordre des idées fantaisistes évoquées, des
hôtels et des zones réservées à l’aquaculture/pisciculture. Comment peut-on
prétendre installer les activités citées ci-dessus à proximité immédiate d’un
complexe pétrochimique (une raffinerie) et chimique (une usine d’engrais type
AZF et une usine d’ammoniac) ?
En ce qui
concerne l’activité principale d’OLAM, l’usine d’engrais chimique, le projet
bénéficie de la proximité de la matière première (le gaz). Mais le monde
agricole est en profond bouleversement et de plus en plus d’agriculteurs
abandonnent les engrais chimiques, car trop polluants, trop risqués pour la
santé de ces derniers et des consommateurs (ces risques ont été établis par de
nombreuses études scientifiques de part le monde). N’est-ce pas pour cela que
l’on a décidé de créer ces chimères que l’on appelle « les OGM ou
Organismes Génétiquement Modifiés » pour éviter d’utiliser des
engrais et des pesticides, qui causent de gros dégâts environnementaux :
pollution des sols, de l’air, des nappes phréatiques, des fleuves et des
océans, pour une production stagnante qui n’empêche pas le tiers monde de
mourir de faim… une utopie en remplace une autre. Dans un monde où les risques
sanitaires et alimentaires sont de plus en plus identifiés et dénoncés, comment
peut-on envisager vendre des engrais chimiques alors que l’agriculture
villageoise locale décline car les jeunes générations ne daignent pas
s’intéresser au travail de la terre. A l’international, on a et on va avoir de
plus en plus de mal à trouver des débouchés pour ce type de produits
dangereux dans les années à venir. Car la conscience des peuples évolue vers un
mieux être et un mieux manger.
Pour
prolonger mon propos, j’aimerai rappeler aux auditeurs, l’accident du 21
septembre 2001 à Toulouse (France). L’usine AZF de Toulouse
est détruite par l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium (engrais
chimique), entraînant la mort de 30 personnes, faisant 2 500
blessés, laissant 14 000personnes atteintes de lourds
traumatismes psychiques et de lourds dégâts matériels se chiffrant à
environ 2 milliards d’Euros. Résultat, une ville profondément meurtrie, une
ville en procès contre La société Grande Paroisse (Total) depuis plus de 10
ans, à ce jour aucunes indemnités n’ont été versées au titre de dommages. Comme
nous le voyons ci-dessus, ce genre d’industrie n’est pas sans danger. Le 1er
risque est la pollution de l’air en cas d’incident ou d’accident, ce qui
pourrait en fonction de la concentration et de la direction du vent, l’air
ainsi contaminée provoquerait des vertiges, des nausées, voir la mort par
asphyxie de la population en fonction de sa proximité. Le 2ème
risque de pollution par débordements des eaux usées ou par accident, la
proximité de la mer engendrerait l’extinction immédiate de la Faune et de la
Flore aquatique sur toutes les zones aquatiques polluées. Le 3ème
risque est non des moindres, l’explosion, nous avons déjà vu plus haut
les effets et les résultats, sachant que la déforestation des alentours de Port-Gentil
et son particularisme urbain ne jouent pas en notre faveur, dans ce cas. Malgré
une étude d’impact environnementale peu convaincante.
Certaines questions me brulent les
lèvres :
Ø
Pourquoi s’entêter à vouloir installer une telle industrie à proximité
immédiate de la ville ?
Ø
A-t-on pris en compte le voisinage trop proche de 2 autres industries à
tendance explosive, le terminal pétrolier du Cap Lopez et la raffinerie de la
SOGARA ?
Ø Ne
risque-t-on pas « un effet boule de neige » ?
Ø Sans
être un oiseau de mauvais augures, en cas de pollution de l’eau ou de l’air
serait-on capable de circonscrire et d’endiguer ces dernières ?
Ø Dans
le cas d’une explosion de type AZF, avons-nous assez de lits pour prendre en charge
un nombre très important de patients dans notre hôpital où déjà les places sont
limitées ?
Ø
Avons-nous un corps médical en nombre et capable de traiter ce genre de
pathologie liés aux accidents majeurs industriels ?
Ø En
cas de pollution de la mer, qui va restaurer et payer les dégâts causés à
l’Environnement ?
Ø En
cas de pollution de l’air qui va prendre en charge et indemniser les personnes
ou les ayants droits ?
Ø En
cas de catastrophe majeure au final, qui va payer ?
Je vous laisse répondre à mes légitimes interrogations
en vos âmes et consciences, puis longuement méditer sur cette phrase qui
pourrait servir de mise en garde. Elle nous vient de l’inventeur du terme
scientifique « biodiversité », l’Entomologiste et biologiste
américain, le Prof Edward Osborne WILSON, dont voici la teneur «L’humanité
ne se définit pas parce qu’elle crée, mais par ce qu’elle choisit de ne pas
détruire ».
H2o Gabon qui travaille sur la problématique déchets depuis 5 ans et discute sur ce sujet depuis 2 ans avec la Ville de Libreville s'étonne et déplore d'avoir été exclue sans aucune annonce préalable du processus de concrétisation.
Référence : article publié sur GabonReview ce jour.
Leur reportage a été diffusé ce jour 10 Novembre 2012 sur RFI dans l'émission Si Loin Si Proche. Il nous a été signalé par plusieurs de nos amis au Gabon et Côte d'Ivoire qui ont fait crépité nos téléphones.
Henri Michel Auguste intervient vers 14mn20.
Il lit un passage de Terre d'Ebène (1927), puis décrit les modes de fonctionnement actuels des exploitants chinois et malaisiens au Gabon, qui déforestent sans vergogne, profitant de la faiblesse du réseau routier et exploitant les ouvriers gabonais.
Albert Londres (né le 1er novembre 1884 à Vichy et mort le 16 mai 1932 dans l'océan Indien) est un journaliste et écrivain français.
« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur
et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main
plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas
de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume
dans la plaie1 ».
Cette maxime d’Albert Londres résume bien l’idéal de ce professionnel
de l’information qui reste une référence pour de nombreux journalistes
français. Depuis 1933, le prix Albert-Londres récompense les meilleurs journalistes francophones.
Albert Londres meurt mystérieusement en 1932 dans l'incendie du Georges Philippar, le bateau qui le ramenait de Chine en France.
Il semblait avoir découvert un grand scandale : « Il est question
d'armes, de drogue, d'immixtion bolchévique dans les affaires
chinoises », rapporte la biographie de Pierre Assouline.
Mais son reportage brûle également dans l'incendie. Le doute plane
alors sur cet incendie : accident ou attentat ? Toujours est-il que les
personnes auxquelles il a confié le contenu de sa découverte – le couple
Lang-Willar – meurent à leur tour dans un accident d'avion. (Wikipédia).