samedi 23 janvier 2021

Perenco au Gabon : une longue histoire de pollutions pétrolières

 

Carte de l'Ogooué Maritime - Omboué


H2O  GABON, une ONG gabonaise crée en 2005 à Port-Gentil, a été la première structure à alerter sur une pollution aux hydrocarbures dans la zone de Fernand Vaz, un des plus beaux sites naturels du Gabon, en 2012. A retrouver sur notre site : https://h2ogabon.blogspot.com/search?q=perenco,

Sous la pression de l’AFP, la société Perenco avait finalement confirmé notre alerte, mais en la situant sur le champ offshore de Tchatamba. Et se faisant, en rajoutant un peu de brouillard à une situation déjà confuse.

Pour mettre fin à l’opacité dans ce domaine très sensible, le ROLBG a obtenu le soutien des villageois du département d’Etimboué, pour les représenter et faire respecter leurs droits. Le ROLBG a mené une mission d’enquête sur le terrain en Octobre 2020. Cette mission s’est finalisée par la rédaction d’un rapport d’activité, et finalement par le dépôt d’une plainte contre la société Perenco Gabon SA, qui exploite ses sites depuis de nombreuses années. Ces sites de production avaient d’ailleurs été rachetés en majorité par Perenco Gabon SA à Total Gabon SA, pour qui ces champs ne produisaient plus la rentabilité attendue.

Cette plainte porte notamment sur des incidents de pollution, de destruction d’écosystèmes et de nuisance dans les villages proche de ces sites. Elle comporte plusieurs volets : pénal et civil.

C’est une grande première au Gabon, et nous félicitons le ROLBG et l’ensemble de ses soutiens pour le courage et leur pugnacité. Ils pourront sans doute bénéficier des évolutions légales en cours au niveau international sur le délit d’écocide (en attendant que les législations fassent évoluer le délit vers le crime d’écocide).

https://lareleveetlapeste.fr/le-parlement-europeen-reconnait-lecocide-et-demande-son-inscription-a-la-cour-penale-internationale/

Nous avons répondu à l’appel du ROLBG pour une collaboration technique et scientifique. Il s’agit d’évaluer l’ampleur de la pollution (visible et invisible) des zones polluées aux hydrocarbures dans la zone d’Etimboué  A cet effet et en urgence, nous avons bâti une méthodologie et défini des budgets (personnel et équipements d’analyse) pour la réalisation de cette mission en 90 jours, délai imparti. Cette mission concerne spécifiquement les 7 sites cités par le ROLBG dans son rapport, qui est contredit par la communication gouvernementale.

Devant l’opacité ambiante entretenue, notre avis scientifique est qu’il faudrait, en réalité, effectuer une campagne de sondages dans la totalité des zones ci-après, dans le but de définir des priorités.

- les trois lagunes interconnectées (Nkomi, Fernan Vàz, Ondombo/Essogué),

- la lagune au Nord à l’Est de Ntchango,

- le trait côtier immédiat jusqu’à Olendé en face de l’Inguessi,

- les embouchures de rivières,

- le trait côtier qui remonte au Nord jusqu’à Port-Gentil.

Une telle mission de sondages/analyses à grande échelle est destinée à construire une cartographie précise des lieux et des niveaux de pollution rencontrés. Ce type de mission n’a jamais été mené au Gabon, à cette échelle. C’est la phase essentielle pour une dépollution, puis une restauration des écosystèmes ordonnée et efficace.

Nous avons assuré au ROLBG que H2oGabon a les compétences techniques et scientifiques pour les phases d’évaluation, remédiation, restauration et le suivi des écosystèmes, avec des produits et techniques non polluants pour l’Environnement.


Pour aller plus loin :

Pollution pétrolière au Gabon: des actions en justice contre la société française Perenco

Pollutions de Perenco : La société civile dénonce la mise en place d’un comité conjoint Gouvernement-pollueur

RDC, Tunisie, Gabon : le modèle de Perenco de plus en plus contesté

Perenco sur notre site H2oGabon

Dépollution de sites pétroliers au Gabon: notre lettre au Groupe TOTAL SA (2016)

Gabon : Les eaux du Fernan Vaz encore polluées (2012)

Gabon: Perenco confirme une pollution offshore mais pas dans le Fernan Vaz (2012)

Gabon: pollution pétrolière dans la Lagune Fernan Vaz (2012)



Cartographie 
















mardi 15 décembre 2020

Conflits faune vs Homme au Gabon - Éléphants vs Homme.

 

Interview réalisée, le 25/11/2020, par Mr CASTRO de la Chaîne TOP BENDJÉ, Port Gentil.

 

Conflit Faune vs Homme.

Cas particulier au Gabon : Éléphants vs Homme.

Commençons par rétablir une vérité dérangeante pour notre espèce : les hommes trop souvent s'installent sur le territoire des éléphants, souvent pour de bonnes raisons, et créent des conflits territoriaux entre les deux espèces.

Au final, le conflit se termine par l'abattage de la menace, malheureusement, sur fond d’intérêts financiers.

Or il existe des solutions naturelles pour éloigner les opportuns des zones de cultures façonnées par les paysans. Nous en présentons certaines, de surcroît non violentes, mais très efficaces dans cette vidéo.

Sur un autre plan, nous constatons que dans certains pays d’Afrique, les éléphants sont en surnombre et dans d'autres en sous nombre. Pour résoudre ce problème, il suffirait de déplacer des troupeaux d’un pays à l’autre pour résoudre pacifiquement la coexistence de ces deux espèces.

POUR PLUS D'INFORMATIONS VOIR LA VIDÉO.



jeudi 29 octobre 2020

COVID-19 - Un combat mondial à comprendre

Cette longue étude nous a intrigué, nous avons décidé de la partager.
Un peuple meurt s'il n'est pas informé. L'espoir doit demeurer.




Preuve ultime: Covid-19 était planifié pour inaugurer le nouvel ordre mondial


https://mirastnews.net/2020/09/30/preuve-ultime-covid-19-etait-planifie-pour-inaugurer-le-nouvel-ordre-mondial/ 

1. Les médecins déclarent que la pandémie était planifiée
2. Des centaines de médecins espagnols disent que la pandémie est planifiée
3. En 2015, une méthode de test a été brevetée pour… COVID-19
4. Des millions de kits de test COVID-19 vendus en 2017 et 2018 (discutable)
6. Le «projet» COVID-19 est prévu jusqu’en 2025
7. Anthony Fauci a garanti une pandémie dans les deux prochaines années
8. Bill et Melinda Gates garantissent une pandémie mondiale imminente
9. Pratiquer pour une pandémie
10. Excitation à l’idée de vendre des vaccins l’année prochaine
11. Pandémie de coronavirus en 2020 prévue en 2013
12. Conseil mondial de surveillance de la préparation en septembre 2019: «Préparez-vous à une pandémie mondiale de coronavirus»
13. Épidémie de Chine annoncée
14. En 2015, Anthony Fauci a donné à ce très laboratoire 3,7 millions de dollars.
15. Des expériences biologiques chinoises visant à infecter des humains avec un coronavirus révélées en 2015 par les médias d’État italiens
16. Les films ont prédit la pandémie de coronavirus
17. Pandémie décrite pendant les jeux olympiques d’été en 2012
18. Verrouillage mondial prévu en 2008
19. Les journalistes prévoient une pandémie planifiée
20. «Scénario pour l’avenir»
21. Bill Gates a négocié un accord de recherche de contacts de 100 milliards de dollars avec le député démocrate parrain du projet de loi six mois avant la pandémie de coronavirus

https://mirastnews.net/2020/09/30/preuve-ultime-covid-19-etait-planifie-pour-inaugurer-le-nouvel-ordre-mondial/ 


jeudi 3 septembre 2020

H2oGabon au « CONSEIL NATIONAL CLIMAT, le Projet Plan National d’Adaptation au Changement Climatique »,

 



Le mardi 25 Août 2020 s’est tenu dans la salle de réunion du Gouvernorat de Port-Gentil, sous l’égide du « CONSEIL NATIONAL CLIMAT, le Projet Plan National d’Adaptation au Changement Climatique », un atelier de rencontre institutionnelle, de sensibilisation des parties prenantes à l’adaptation et de renforcement des capacités aux enjeux autour du Changement Climatique.

 


Contexte :

 

Dans le cadre d’un partenariat avec le Fond Vert pour le Climat (GCF), le GABON a démarré les travaux d’élaboration de sa Stratégie Nationale d’Adaptation, qui vise à combler l’absence de données scientifiques en la matière, à mettre en place un système de suivi climatique et à proposer des politiques et projets pour dresser les vulnérabilités de notre pays. Les activités techniques du projet sont assurées par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux sous la supervision du Conseil National Climat.

Comme nous le constatons, les effets du Changement Climatique en termes d’érosion côtière et d’augmentation des inondations se font déjà sentir et menacent de s’aggraver à l’avenir.

Une mission de consultants internationaux, nationaux en Gestion côtière, Secteur Privé, Finance publique-Economie et Développement Stratégiques, commis afin de collecter les informations utiles à l’élaboration du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNA), se tient ce jour à Port-Gentil.

Au regard de la pertinence de l’initiative, la contribution de toutes les institutions nationales et internationales des secteurs public, privé, de la société civile est nécessaire pour l’élaboration d’un solide Plan National d’Adaptation. Le renforcement des capacités, de la sensibilisation des communautés, des parties prenantes vulnérables aux processus d’adaptation est également essentielle et fait l’objet de la 2iéme  journée d’atelier cette année, la 1ière  s’étant tenue l’année dernière.

 

 

Objectif :

 

Cet atelier a pour objectif de sensibiliser et d’informer les collectivités locales de Port-Gentil sur les enjeux autour de la problématique du Changement Climatique ainsi que la pertinence de leur implication dans l’élaboration du Plan National d’Adaptation. Elle se veut inclusive et partagée.

Les objectifs visés sont les suivants :

1) Présenter le projet d’élaboration de la Stratégie du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique au cours d’une réunion multi-acteurs ;

2) Présenter la vulnérabilité de Port-Gentil dans le contexte du Changement Climatique ;

3) Rencontrer les administrations locales, le secteur privé, la société civile, les communautés de      pêcheurs, etc...;

4) Former les communautés locales et autochtones ainsi que la société civile aux stratégies d’adaptation au Changement Climatique en milieu rural et côtier ;

5) Former les communautés rurales, le secteur privé local (entrepreneurs, associations autochtones) aux enjeux du Changement Climatique, à l’élaboration des projets pour une contribution effective au choix et à l’élaboration des projets qui seront proposés.

 

 

Intitulé des différents thèmes présentés par les consultants :

 

1) Point sur les enjeux autour de la phase 1 de l’élaboration du PNA au Changement Climatique ;

2) Restitution des activités et plan de travail de la phase 1 des consultations ;

3) Présentation des enjeux autour de l’élaboration d’une stratégie globale pour la rationalisation d’un système de gestion de l’information climatique ;

4) Sensibilisation des institutions publiques puis privées sur l’importance de la planification de l’adaptation, du renforcement des capacités des communautés locales aux stratégies et des rudiments relatifs au Changement Climatique ;

5) Sensibilisation des acteurs sur l’évaluation des impacts et des opportunités économiques dus au Changement Climatique dans tous les secteurs ;

6) Sensibilisation et renforcement des capacités des communautés, des entrepreneurs individuels sur les enjeux autour de l’adaptation au Changement Climatique ainsi que de l’organisation stratégique pour la capitalisation des fonds d’investissements ;

7) Sensibilisation pour la mise en place d’une plateforme institutionnelle incluant les communautés locales et la société civile de Port-Gentil pour le suivi du processus d’élaboration du Plan National d’adaptation au Changement Climatique.

 

 

Résultats attendus :

 

1) Les institutions, les collectivités locales et les communautés de Port-Gentil sont informées, sensibilisées sur les enjeux autour du Changement Climatique puis de l’importance de l’élaboration du PNA ;

2) Les communautés rurales,  les collectivités locales, les institutions privées, la société civile de Port-Gentil formées et leurs capacités renforcées pour une meilleure adaptation au Changement Climatique ;

3) Les communautés rurales,  les collectivités locales, les institutions privées, la société civile de Port-Gentil participent et devront faire des recommandations adaptées à leur contexte régional pour l’élaboration du PNA ;

4) Les recommandations des institutions et les communautés de Port-Gentil sont prises en compte lors de la rédaction de 2 à 3 propositions de projets devant être soumises comme acceptables lors de la consultation avec le secteur privé ;

 

 

L’avis de H2O GABON, au travers de son Président

Monsieur H. M. AUGUSTE lors de son interview télé

 

 

1) Trop de sujets abordés dans cet atelier en si peu de temps ; (Environ 5 heures)

 

2) Exposés Trop scientifiques et trop techniques pour la plupart des gens présents (sociétés de place, représentants de l’administration et de la municipalité) ; Leur utilité est donc très discutable ;

 

3) A delà de la forme et du fond, pour H2O GABON, tout ce qui a pu être dit lors de cet atelier ne fait que confirmer la disparition de la ville de Port-Gentil sous les eaux à plus ou moins long terme, comme nous l’avons déjà martelé sans être écoutés ;

 

4) Nous regrettons que ce 2ième atelier n’ait présenté aucun plan de sauvetage de la ville de Port-Gentil, qui devrait cependant être une priorité ;

 

5) H2O GABON a signalé que pour le Gabon, le cas de la ville de Port-Gentil est l’urgence absolue à traiter du fait de son  absence de relief et de son importance économique (exploitation pétrolière et 85% des exportations du pays) ;

 

6) Nous avons pris note que les différents services en charge de la lutte contre le Changement Climatique n’ont pas les moyens financiers de leur vocation et de leur ambition affichée. «Collecter, analyser et trouver des solutions pérennes ».

 

7) En conclusion, H2O GABON aurait souhaité moins d’ateliers scientifiques mais plus d’actions concrètes. Nous estimons avoir plus de 20 ans de retard par rapport aux autres pays dont les villes sont confrontées au Changement Climatique et à la Montée inéluctable du niveau des Océans.
Face à la submersion inéluctable de la Ville de Port Gentil, poumon économique du Gabon, nous avons cité 3 solutions :
a- défense de la presqu’île de l’île Mandji : enrochement, digues, pompages, canaux d’évacuation des eaux et entretien des installations.

b- reconstruction de la Ville sur l’eau : création de blocks flottants, autonomes en énergie et en eau pour l’habitation et le commerce et artisanat, déplacement de toutes les industries (pétrole, bois) sur des barges flottantes.
c- déplacement de toute la Ville dans les terres à 8-10 km du trait de côte, reconstruction de toute la ville et des industries.



Sur notre blog :

 

Port Gentil, Gabon : Dérèglement climatique : Urbanisme, Inondations + affaissement de la ville, Janvier 2020

 

Interview sur la radio La Voix de la Dola, Ndendé, Gabon : Cop23 Fidji / Port Gentil confrontée à la remontée des eaux et à la disparition en l’état, Avril 2018


Haro sur Port-Gentil, une ville exposée à tous les risques, Novembre 2011

 


mardi 11 août 2020

Journée Internationale de la Conservation des Ecosystèmes : Interview de Henri Michel AUGUSTE, Président H2o Gabon

 Interview réalisée par  Monsieur Dany KOULE TOLLE par téléphone pour la radio FM «  La Voix de NDOLA », auprès de Monsieur Henri, Michel AUGUSTE, Président de l’ONG H2O GABON à Port-Gentil.




La planète célèbre la Journée Internationale de la Conservation des Ecosystèmes le 26 Juillet 2020, depuis 5 ans. L’accent est mis cette année sur la Protection et la Valorisation des Mangroves. Concernant le Gabon, les Ecosystèmes côtiers du GABON subissent de vastes pressions, destructions à des fins immobilières et autres...

 

 

Dany KOULE TOLLE :

Monsieur Henri, Michel AUGUSTE, vous êtes le Président de l’ONG H2O GABON, vous êtes à Port-Gentil. Pour votre ONG, qu’elle est l’intérêt de protéger et de valoriser les Mangroves ?

 

Henri Michel AUGUSTE :

Je vais vous dire que ce n’est pas l’intérêt mais les intérêts de protéger et de valoriser les mangroves, je ne sais pas si vous avez vu sur la page Facebook de H2O GABON, le post à ce sujet du 26/07/2020, dont voici le  lien (https://www.facebook.com/1271037369674343/posts/3002894136488649/), où l’on voit l’intérêt de protéger la Mangrove pour combattre efficacement l’érosion côtière, ça c’est l’un des aspects intéressant. Un autre aspect, la Mangrove joue le rôle de filtre pour les rivières et les fleuves qui se jettent dans l’Océan, en bloquant dans les méandres de ces racines les alluvions (la boue), les matières organiques transportées, etc, par ces derniers. Ce qui a pour conséquence de rendre plus claire les eaux à la sortie des Mangroves. Les alluvions et les déchets organiques ainsi bloqués, servent de substrat fertile pour le développement de la Mangrove, ainsi que de réservoir pour la Biodiversité, encore un autre aspect, il vous faut savoir que la Mangrove est un des écosystèmes le plus riche à l’hectare. Je m’explique, d’abord c’est lieu où les poissons et les oiseaux viennent pondre leurs œufs, ainsi qu’une zone d’alevinage, de nourrissage des alevins et des sub-adultes, dû à la forte présence de phytoplancton, de zooplancton. Vous y trouverez également de nombreuses espèces  de crustacés et de coquillages, qui permettent une petite activité commerciale pour les riverains et autres, qui pour ces derniers est un moyen de vivre de cette activité de pêche, souvent réservée aux femmes. Puis une fois la barrière formée par la Mangrove vous trouverez tous les types de poissons qu’ils soient végétariens ou carnassiers. Voilà, en général les différents points essentiels que l’on peut relever et dire pour la Préservation des Mangroves. Attention, donc préservons et restaurons les Mangroves, c’est dans notre intérêt et pour notre plus grand bénéfice, ainsi que pour les générations futures. Il vous faut savoir que c’est l’un des écosystèmes les plus impactés par l’homme depuis de nombreuses décennies car pendant les siècles passés, la Mangrove était considérée comme un milieu insalubre et infesté par des maladies mortelles pour l’homme.

 

D.K.T :

Nous avons constaté que les rivières qui se bouchent peuvent avoir des conséquences sur l’habitat de l’homme, qu’en pensez-vous ?

 

H. M. A. :

Bien souvent quand une rivière se bouche, d’une part c’est un phénomène naturel et d’autre part très souvent cyclique, mais de nos jours c’est aussi une conséquence de la modification par l’homme du milieu. Quand le cycle est naturel et non perturbé par l’homme, le niveau va augmenter jusqu’à ce que la pression de la rivière soit trop importante, la bande de terre qui obstruée son passage finit par céder et cela se produit en général à marée descendante ou basse. C’est très rare que ce phénomène soit un effet définitif.

 

D.K.T :

Au niveau de Port-Gentil, qu’elle est le rôle que vous jouez surtout dans la protection et dans la lutte contre l’érosion avec la municipalité ?

 

H. M. A. :

Nous avons un projet en préparation avec la Mairie de Port-Gentil en vue de restaurer une Mangrove dans un des quartiers de la ville. Cela, je pourrais vous en parler plus en avant et plus largement

quand les avancées seront significatives. Car vous savez très bien que dans notre pays beaucoup de projets se terminent « En éléphant blanc », évidemment  ce n’est pas le but que je poursuis pour ce dossier.

 

D.K.T :

Depuis au moins 3 décennies, le littoral de Port-Gentil s’érode de plus en plus, la montée de l’Océan est flagrante, il y a également la situation du quartier de Matanda, il se trouve que le constat est le même du côté du Cap Lopez. Et là, est-ce que vous pensez pouvoir faire quelque chose pour palier à ces urgences ?

 

H. M. A. :

Les urgences sont celles que l’on connaît tous, c’est d’abord le Réchauffement Climatique qui provoque la montée des Océans, la destruction des Mangroves ainsi que la modification du trait de côte à des fins immobilières et industrielles, qui fait que nous nous trouvons face à cette érosion galopante sur la ville de Port-Gentil et par extension sur l’île Mandji. C’est vrai que le Changement Climatique, n’est pas dû fait du Gabon mais de toutes les nations de la planète, avec une forte responsabilité des pays les plus industrialisés. Concernant la montée des Océans, c’est une des conséquences du Réchauffement Climatique, il se trouve que cette montée des Océans se répercute tout autour de la planète avec des conséquences qui se font déjà sentir dans les îles du Pacifique, par l’abandon de certaines îles devenues inhabitables et de zones comme au Bengladesh, avec des déplacements de population assez importants, voire de nouveaux réfugiés fuyants la montée des eaux de leurs pays respectifs. Par contre pour le Gabon, la destruction des Mangroves et les modifications du trait côtier pour des constructions immobilières et industrielles, cela est entièrement de notre responsabilité collective et individuelle. Et si on ne fait rien cette érosion va se poursuivre de plus en plus vite, il nous faut comprendre que Port-Gentil et l’île Mandji sont voués à disparaître progressivement pour l’estimation la plus pessimiste de 25 à 30 ans, pour l’estimation les plus optimistes environ 50 ans (voir les différentes cartes que l’on trouve sur internet dont celle de National Geographic), une grande partie de l’Île Mandji sera sous les eaux. Donc, il se trouve que cela est de notre responsabilité collective, de se battre pour protéger et restaurer les Mangroves afin de freiner la Montée des eaux trop rapidement ainsi que d’interpeler nos politiques afin qu’ils s’entendent pour travailler à juguler le Réchauffement Climatique au niveau des différents Sommets de la Terre à venir. Malheureusement, dans toutes mes lectures, je ne vois pas les  Gouvernants  des différentes Nations avoir la volonté d’agir dans ce sens.

 

D.K.T :

Il y a quelques années le Gouvernement a lancé le projet de zone franche de l’Île Mandji. Aujourd’hui, qu’elle est votre point de vue sur ce projet ?

 

H. M. A. :

De ce projet, je peux me permettre d’en parler, car il se trouve que j’ai été l’un des principaux acteurs opposés à ce dernier, à mes yeux cette zone franche allait détruire une part importante de Mangrove et bouleverser profondément le trait de côte ainsi que les fonds sous-marins. Malheureusement, cela n’a pas empêché la destruction de plusieurs dizaines voire de plusieurs centaines d’hectares de Mangrove, pour un projet qui est moribond voire stoppé et je pense qu’il le restera ! Il y a suffisamment de zones franches qui ont essaimé dans le Golfe de Guinée pour que l’Île Mandji en devienne une de plus. Etant donné que la partie en eau profonde est déjà occupée par le terminal pétrolier du Cap Lopez, donc par voie de conséquence cela voulait dire d’importants travaux d’aménagements du trait de côte et des fonds sous-marins, il aurait fallu creuser, draguer et effectuer des travaux d’entretien régulier pour éviter au sable de redescendre dans la partie profonde, d’où un très gros impact environnemental sur cette partie de l’Île Mandji. Voilà en quelques phrases, pourquoi dès le départ je me suis opposé avec détermination voire lucidité à ce projet couteux et inutile. Il se trouve que quelques temps plus tard, j’ai été invité à une rencontre à Libreville avec le Directeur Général  d’OLAM, Monsieur Gagan GUPTA, organisé sous l’égide de Monsieur Nicaise MOULOUMBI de l’Association Croissance Saine Environnement, pour exposer les différents arguments de l’opposition de mon ONG H2O GABON à ce projet de zone franche en présence de Monsieur Alain ENGONE ONDO, Délégué H2O GABON pour la province de l’Estuaire. Si ce projet s’était poursuivi, malgré mes arguments, j’étais monté avec un dossier de projet de pôle vert pouvant utiliser la zone à moindre coût, que j’ai pu lui exposer de vive voix lors de cette réunion qui s’est tenue dans les locaux d’OLAM. Lien Pôle industriel Vert.

 

D.K.T :

A chaque saison des pluies, il y a ce problème récurrent d’inondations de nombreuses zones de la ville de Port-Gentil. Qu’elles sont les propositions et recommandations que vous pourriez faire à la Mairie ?

 

H. M. A. :

Il faut impérativement récurer les caniveaux, les canaux régulièrement et non comme trop souvent une fois par an, voir jamais pour les canaux. Ensuite, il faudrait faire des campagnes de sensibilisation auprès de la population pour éviter de prendre les caniveaux et les canaux pour des poubelles. La proposition que je souhaiterai faire concernant la saison des pluies afin de ne pas engorger les canaux, auprès de la mairie serait d’envisager un système de récupération des eaux de pluies par  pompage dans les caniveaux, puis enfin un stockage à l’extérieur de Port-Gentil. A marée basse cette eau de pluie serait évacuée dans l’océan après un filtrage et une dépollution de ces eaux chargées en pollution diverses et variées. Ce serait la solution idéale mais temporaire, sachant que cette solution demande des financements et une réelle volonté de régler ce problème récurrent qui ne fera que s’amplifier au fil des années qui passent. Sachant que cela est une solution temporaire, que Port-Gentil et l’Île Mandji seront en grande partie sous les eaux tôt ou tard comme je le disais tout à l’heure. Il serait temps de créer une Commission en vue de réfléchir au problème de la Montée des eaux océaniques et des inondations, en vue de prendre la seule solution idoine et pérenne, envisager le déménagement de Port-Gentil vers l’intérieur des terres. Mais la première décision serait de protéger et restaurer les Mangroves afin de freiner cette montée des eaux, puis de régler temporairement le problème des inondations. Car temps que les Nations n’auront pas pris la bonne décision afin de régler le Réchauffement Climatique, le niveau des Océans ne fera que monter malheureusement. D’ailleurs d’après les cartes mondiales de la montée des Océans, les traits de côte dans le monde devraient reculer de 2 à 10 Km selon le relief d’ici 2050 selon les différents rapports du GIEC, organisme international d’experts du climat qui suit cela et qui à chaque rapport revoit à la hausse les différents paramètres chaque année, malheureusement... C’est à nous de nous adapter à ces nouvelles conditions climatiques et de vie pour le bien de l’espèce humaine.

 

Confère les différentes cartes : https://www.nationalgeographic.fr/environnement/voici-quoi-ressemblerai-le-si-la-glace-continentale-venait-fondre et https://limportant.fr/infos-planete/56/278691

 

D.K.T :

Dans l’Article 64 du Code de L’Environnement au Gabon, on interdit la construction et l’exploitation dans les milieux sensibles comme les Mangroves, comme vous l’avez relevé d’ailleurs. Mais sur le terrain, la réalité est alarmante que font les ONG’s « Vertes » à ce niveau ?

 

H. M. A. :

C’est vrai qu’ils existent des articles de lois dans le Code de l’Environnement du Gabon, il y a le texte mais la réalité du terrain nous prouve le contraire et ce n’est pas que le cas du Gabon, mais cela se retrouve dans tous les pays du monde, pour notre plus grand malheur. Même si de temps en temps, dans un pays une ONG finit par avoir gain de cause, cela est trop ponctuel alors que cela devrait être la norme. Tant que les gouvernants seront inféodés aux multinationales et aux lobbyistes de ces dernières, les problèmes auront du mal à se résoudre. Pour que cela change, il faudrait que les gouvernants ne soient plus dépendants de la pression qu’exercent sur eux les Multinationales, qui font pour notre planète ce qu’elles veulent. Je pense que pour notre bien à tous, il serait bon de créer un Tribunal International pour la Protection de l’Environnement et de la Nature, sur le modèle de la C.P.I., c’est pour cela que nous n’avons pas le droit de baisser les bras pour l’avenir de notre planète et des générations futures.

 

D.K.T :

Monsieur Henri, Michel AUGUSTE, le président de l’ONG H2O GABON était l’invité du jour dans l’émission FOCUS de la radio de la Voix de la DOLA.  

 

H. M. A. :  

Permettez-moi, de vous remercier pour m’avoir permis de m’exprimer sur ce sujet d’actualité.



Interview Audio - La Voix de la NDOLA

Proposition d'un pôle industriel alternatif à la Zone Industrielle de Port Gentil (ZIEC)


mercredi 15 juillet 2020

Séance de travail préparatoire du Réseau d'Éducation Environnementale du Développement Durable.



Photo de famille du Réseau... de gauche à droite : Emmanuel MVEMEBIA, Alain ENGONE ONDO, France Carole BELLA, Mathurin MEYE NDONG et Geoffroy BADINGA au lycée Mohamed Arrissany.



L'an deux mille vingt, le jeudi treize juillet à 11 heures s'est tenue une réunion du réseau d'éducation environnementale et du développement durable au Lycée Mohamed Arrissany de Nzeng Ayong de Libreville.
A l’ordre du jour, le lancement du bureau provisoire du réseau d'éducation environnementale et développement durable. 
      
Étaient présents :

1-    Alain ENGONE ONDO, Délégué Provincial ONG H2o Gabon
Emmanuel MVEMEBIA, représentant l'Association  ENDZENGUI
France Carole BELLA, Présidente Conscience Baleine.
Geoffroy BADINGA, Président A.S.D.D (Association Sociale de Développement Durable). 
Mathurin MEYE NDONG, Président de l'Association ELYK MINKEBE.


A l’entame, Madame France Carole BELLA, Présidente de Conscience Baleine a fait la lecture du document de base de la fiche de structuration répondant au critère d'éligibilité à savoir la mise en place du réseau de la société civile :
- Être reconnue par l'administration du Ministère de l'intérieur.                                
- Disposer des statuts et règlement intérieur.             
- Avoir un siège social (préciser la situation géographique).
- Avoir un compte bancaire
- Avoir une adresse électronique, et si possible un site Web.
- Avoir une copie du procès-verbal de la dernière assemblée générale.                                
- Disposer d'une fiche de projet dans le cadre de l'éducation environnementale et l'éducation en matière des populations.
- Être représentatif au moins dans trois provinces sur le territoire national (points focaux).   
- Adhérer au réseau ou à la plate-forme.
- Disposer d'un programme triennal d'activités.

Prenant la parole, Monsieur Mathurin MEYE NDONG Président de l'association d'ELYK MINKEBE s'est interrogé sur l'objet dudit réseau ; en réponse Madame France Carole BELLA clarifie ainsi : notre réseau de la société civile est un regroupement d'échange des associations ou ONGs pour se retrouver ensemble dans nos activités environnementales de terrain. Monsieur Emmanuel MVEMEBIA rajoute que le réseau facilite la promotion du partage d'expériences entre acteurs de la société civile.  Le Délégué Provincial de l'ONG H2oGabon, Monsieur Alain ENGONE ONDO propose d'élaborer d'abord les statuts et règlement intérieur du réseau. Le représentant de l'association ENDZENGUI demande l'élaboration d'une charte.  Aussitôt, Madame France Carole BELLA rétorque que la charte dudit réseau a été déjà élaborée.  A cet effet, le rapporteur de séance de ladite réunion, Monsieur Geoffroy BADINGA, conclue sur la mise en place d'un bureau composé de : Président, Secrétariat général,  un chargé de trésorerie, un chargé de communication et un commissaire aux comptes sous réserve d'une assemblée générale qui sera souveraine. 
Toutes les parties prenantes de cette réunion ont approuvé de manière consensuelle la mise en place d'un bureau provisoire à la prochaine réunion. La recommandation d'un logo doit refléter l'image du réseau d'éducation environnementale et du développement durable.  La réunion s'est achevée à 13h30 mn en fixant la date de la prochaine réunion le lundi 20 juillet 2020 à 9h au Lycée Mohamed Arrissany.






vendredi 12 juin 2020

Hommage au Dr Edmond Duboze




HO GABON perd un membre influant de notre ONG et de sa Commission Scientifique, le Dr Edmond DUBOZE était Général dans l'Armée au sein du service de santé, Directeur à l'hôpital Paul IGAMBA lors de son passage à Port-Gentil pour la CNSS. C'était notre Ami, c'était mon Ami, presque un père, je me souviens de nos longues nuits à refaire le Monde devant un verre de Glenfiddich, à discuter des projets à réaliser pour H2O. Il avait une connaissance de la pharmacopée des différentes ethnies, j'espère que ces transmissions orales de nos Anciens, il a eu le temps de les écrire dans ses cahiers. Maintenant que tu nous as quittés, ton combat est fini, le nôtre continue au travers de notre ONG pour nos chers membres disparus et pour les générations futures. Edmond, à mon Ami, à un de mes Mentors, ce n'est qu'un au revoir mon frère...

Henri Auguste
Président, membre de la Commission Scientifique
H
O GABON