Une ONG qui a vu le jour en 2005 à Port-Gentil, par la volonté de 5 personnes venant d’horizons et de pays différents. Elle s’est engagée dès le début, clairement pour la Défense de la Nature, puis distinctement dans la Protection de l’Environnement et enfin nettement dans une œuvre sociale à long terme au travers de ses actions présentes et à venir.
H2O Gabon est régie par la Charte de la Terre, Costa Rica.
La lecture d’articles de la presse spécialisée anglosaxonne est
plus instructive que la presse nationale gabonaise. Nous avons en particulier
détecté deux articles (liens ci-après) que nous vous invitons à lire. Ces articles
bien documentés nous invitent à poser les questions suivantes pour orienter les
débats.
Source : Offshore Energy
Source : Google Maps
La plateforme Becuna est située sur le champ pétrolière
Simba, au large de Bango / Ezango.
En complément des questions directes posées au management de Perenco dans le
premier article, ci-joint nos questions (non exhaustives) pour mieux comprendre
les tenants et aboutissants de cette catastrophe :
Le swap d'actifs entre les opérateurs Tullow Oil Gabon et Perenco
Oil and Gas Gabon en Avril 2023 a-t-il changé le statut en terme d’assurance de
la plateforme Becuna, sur le champs pétrolifère Simba ?
En termes plus clairs, Perenco Oil and Gas Gabon est elle assurée contre ce
risque ? Si oui, quelle compagnie assure la société Perenco Oil and Gas
Gabon ? Si Perenco Oil and Gas Gabon n’est pas assurée, saura t’elle
capable de couvrir toutes les charges financières liées aux dégâts de ce nouvel
accident majeur qui était malheureusement attendu ?
Pourquoi Perenco est-elle autorisée à utiliser des
opérateurs de contrôle non IACS, alors que les majors pétroliers utilisent des
sociétés d'audit IACS ?
Existe-t-il un tracé à jour des pipelines reliant les champs
pétroliers offshore et onshore vers les terminaux pétroliers de Port Gentil et
de Gamba ? Dans quel état sont-ils ?
L'explosion puis l'incendie et l'exploitation de plateforme
Becuna ont-ils été stoppés ? Quand ? Quelles quantités de brut ont été
déversées en mer ? Quelles mesures ont-elles été prises pour canaliser la
pollution marine ? Comment cette pollution marine a-t-elle été traitée ? Cette
pollution pétrolière est-elle la seule cause de l'interdiction de la pêche dans
la zone de l'estuaire de Libreville décrétée par le gouvernement ? L'AGASA qui
est en charge des biopsies des poissons morts a-t-elle l'équipement nécessaire
pour analyser rapidement un échantillon significatif ? Dans quel délai fournira
t'elle ses conclusions au public ?
En attendant, les populations locales sont privées de leur
source de nourriture principale. Comment gèrent-elles cette situation ? Se
retournent vers des ressources carnées ? A quel prix ? Quelles sont les aides
fournies par le gouvernement ? Quelles sont les aides accordées aux pêcheurs
qui ont perdu leur activité ? Quand est-il de l'impact sur l'eau potable pour
la population de Libreville ? Le poisson vendu à Port Gentil est-il aussi
susceptible d'être contaminé ? Quelles sont les conséquences de cette
contamination sur la santé des populations ?
Comment s'assurer que les organismes de contrôle vont
protéger efficacement les populations, la faune et la flore ?
Au final, comment estimer les dégâts financiers, humains et
environnementaux causés par cet énième accident pétrolier au Gabon sur une
plateforme pétrolière gérée par l'opérateur low cost Perenco ? Le Gabon pourra
t’il enfin faire appliquer le principe du Pollueur Payeur, qui fait partie intégrante
des lois gabonaises ?
Le Gabon pourra t'il être rendu responsable d'une pollution pétrolière
impactant la Guinée Equatoriale, et tout le golfe de Guinée ?
Si vous avez des éléments qui nous permettent de mieux comprendre cette situation,
contactez-nous.
Notre email : h2ogabon@yahoo.fr. Votre
anonymat est garanti.
Hommage aux disparus de la tragédie sur site Becuna de Perenco au siège de l'ONEP. L'ONG H2O GABON était représentée par son président Mr H. M. AUGUSTE.
Dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de
l'eau le 22 Mars 2024, ayant pour thème : " L'eau pour la paix ",
l'ONG LES POTAGERS BIO ECOLIERS DU MONDE, en collaboration avec l'organisme
EAU-ONU, a organisé des activités éducatives et d'éveil pour les enfants.
Cette célébration, marquée par la présence de Monsieur le
Sous-Préfet de Mpaga, Monsieur BOUNANGA BOUAMY Nancy, représentant Madame le
Préfet et Monsieur le Gouverneur de la Province de l'Ogooué-Maritime, empêchés.
Cette Journée Mondiale était axée autour de plusieurs activités sur l'eau avec
la participation de la SEEG et de l'ONG H₂O GABON.
C'est à 10h que la salle de la Direction Provinciale des
Affaires Sociales de l'Ogooué-Maritime a accueilli Monsieur le Sous-Préfet de
Mpaga. Après les honneurs dûs à son rang, ce dernier a ouvert officiellement la
célébration de la Journée Mondiale de l'eau 2024 par la lecture
circonstancielle du message de Monsieur le Secrétaire Général de l'ONU sur la
thématique de l'année : " L'eau pour la paix ".
Message qui invitait les peuples à s'engager et à travailler
ensemble, pour faire de l'eau une force de coopération, d'harmonie et de
stabilité, et de contribuer ainsi à construire un monde de paix et de
prospérité.
Après ce propos introductif, la parole a été donnée à Madame
ADANHODOU ISSENDA Regina, Estelle, Trésorière de l'ONG " Les Potagers Bio
Écoliers du monde " qui était en charge de présenter à l'assistance les
missions et objectifs de l'ONG ainsi que ces activités menées avec les enfants,
depuis 2 ans. Le programme était le suivant :
1/ Une Conférence-Débat sur le thème : " L'eau pour la
paix ", animée par les intervenants suivants : Monsieur MIHINDOU Joseph, Coordonnateur
Exploitation-Eau à la Société d'Energie et d'Eau du Gabon (SEEG) et de Monsieur
AUGUSTE Henri, Michel, Président de l'ONG H₂0 GABON,
2/ La prestation du slameur Monsieur ENGOANG. Christian
(Icone),
3/ Les messages de sensibilisation des enfants par l'ONG Les
Potagers Bio Écoliers du Monde : l'IMPORTANCE et la PRÉSERVATION de l'eau,
4/ Un message adressé à l'attention du Général Brice
Clotaire OLIGUI NGUEMA, Président de la Transition, Chef de l'Etat, lu par un
des enfants de l'ONG " LES POTAGERS BIO ECOLIERS DU MONDE ",
5/ La remise d'attestations de participation de l'organisme
Eau-Onu de la Journée Mondiale de l'eau, par Monsieur le Sous-Préfet, du
Représentant de la SEEG et Président de l'ONG H2O GABON, suivie de photos de
famille et d'un buffet,
6/ Remise symbolique d'un don de packs d'eau à la Direction
Provinciale des Affaires Sociales, en soutien aux familles en difficulté, par
les enfants de l'ONG " Les Potagers Bio Écoliers du Monde ".
Ensuite la Conférence-Débat a été ouverte par le premier
intervenant Monsieur MIHINDOU Joseph, Coordonnateur Exploitation-Eau à la
Société d'Energie et d'Eau du Gabon (SEEG) qui a avec brio expliqué à
l'assistance les mécanismes de transport d'eau de la station de pompage de
Mandorové vers les robinets de nos ménages.
Il a également expliqué que face aux besoins qui ne cessent
de croitre, la SEEG multiplie les actions et les investissements pour pouvoir
desservir la population. Mais l'augmentation exponentielle de la
population et son installation anarchique dans la ville, amenuise les efforts
engagés préalablement.
Outre ces contraintes, la société doit également conjuguer
avec les branchements illicites des populations, mais tant bien que mal elle
s'efforce de palier régulièrement aux difficultés rencontrées au quotidien par
les populations au cas par cas.
Le 2ème intervenant était Monsieur Henri, Michel AUGUSTE,
Président de l'ONG H₂0 GABON qui s'est chargé d'entretenir l'assistance sur le
thème retenu : " L'eau pour la paix ".
Monsieur AUGUSTE a quant à lui expliqué à l'assistance que
l'accès à l'eau est un droit humain et fait partie des objectifs durables à
l'horizon 2030. Il faut que nous soyons conscients de l'importance de l'eau en
tant qu'élément de la Vie et d'un bien commun pour la survie des êtres
vivants sur Terre. Que les pénuries d'eau créent des frustrations et des
conflits entre des Etats, des situations de stress dans les populations, les
animaux et les plantes, des risques sanitaires liés à la consommation d'une eau
qui n'a pas été potabilisée. Pour ce faire nous devons la préserver précieusement.
Démonstration de ce que représente l'eau sur Terre et les pourcentages des différentes eaux.
A la suite de Monsieur AUGUSTE, un jeune artiste slameur appelé ENGOUANG
Christian est intervenu devant l’auditoire. Il a slamé avec ses rimes, puis a
invité l'assistance à se prêter au jeu en composant séance tenante un slam avec
des mots choisis au hasard en rapport avec le thème de l'eau, un moment fort de
joie, de partage entre l'artiste et le public.
Pour garder le même effet festif, le tour est revenu à 2 groupes d'enfants de
passer sur scène et de nous présenter des conseils pratiques pour :
1/ Eviter le gaspillage de l'eau dans nos maisons,
2/ Les méthodes utilisées pour s'hydrater en cette période
de forte canicule.
Après le passage des 2 groupes, le tour est venu à une
enfant de l'ONG de lire le discours de circonstance au nom de la jeunesse du
Gabon, adressé au Président de la Transition, Chef de l'Etat son excellence
Brice Clotaire Oligui Nguema face aux problèmes récurrents de pénurie d'eau. Un
discours qui a été acclamé par toute l'assistance.
Nous acheminant vers la fin de la cérémonie, Messieurs
le Sous-Préfet, le Représentant de la SEEG et le Président de l'ONG H₂O
GABON se sont prêtés à la séance de remise des attestations de participation (délivrées
par l'Eau-ONU qui était le partenaire de cette journée) à tous ceux qui ont
participé et assisté à ces activités.
Un don de plusieurs packs d'eau a été remis par les enfants de l'ONG pour les
familles démunies en cette période de canicule, à la Direction Provinciale des
affaires sociales, pour distribution.
En conclusion, le Président de l'ONG les Potagers Bio
Écoliers du Monde a remercié Monsieur le Sous-Préfet de Mpaga d'avoir rehaussé
la célébration de cette journée mondiale de l'eau par sa présence et sa
disponibilité.
Il a renouvelé son engagement et celui de l'ONG Les Potagers
Bio Écoliers du Monde à être un partenaire fiable, une force de
proposition pour apporter son expérience pour sortir de crise face aux
problèmes liés à la Préservation et la Protection de l'Environnement
rencontrés par la jeunesse en particulier et par les populations en général. Il
a tenu à remercier la Société SOBRAGA qui a répondu favorablement à sa demande
de soutien matériel, ainsi que les invités qui ont effectué le déplacement pour
célébrer avec les enfants cette journée mondiale de l'eau.
Cette célébration a été également l'occasion de rappeler à tous l'importance de
l'eau, de sensibiliser nos gouvernants et les entreprises en charge de la
question de l'eau dans notre pays de jouer pleinement leur rôle en mettant à la
disposition des populations en ces temps de forte canicule de l'eau qui est
source de vie.
À la population, il leur est également demandé de prendre des mesures adéquates
afin de réduire le gaspillage d'eau en adoptant des pratiques économiques de
préservation de l'eau dans nos maisons.
Chacun peut faire sa part pour préserver cette ressource et
contribuer à un avenir durable.
D’après les participants, la célébration a connu un plein
succès.
H. M. AUGUSTE,
Président, Conseiller Scientifique et Technique, membre de
la Commission Scientifique et Technique de l'ONG H₂O GABON,
B. P. 1991,
Port-Gentil GABON,
TÉL : + 241 74 09 21 51 (Whatsapp),
Courriel : h2ogabon@yahoo.fr,
Blog : h2ogabon.blogspot.com,
Facebook : H₂O GABON
Remise à un enfant de son attestation de participation par le Président de l'ONG H₂O GABON.
Remise à un enfant de son attestation par Monsieur le Représentant de la SEEG.
Remise de l'attestation à une participante par Monsieur le Sous-Préfet.
L’opérateur low cost Perenco, connu pour ses pratiques de
production sur le fil du rasoir, vient de subir un nouvel incident de production
majeur le 20 mars sur la plateforme Becuna, entraînant
5 morts, deux blessés graves et une
personne disparue.
C’est l’accident pétrolier le plus grave du Gabon depuis les années 1980 et
probablement depuis le début de la production pétrolière au Gabon dans les années
1950.
Nous demandons une enquête indépendante sur cet accident majeur.
Face à l’hostilité qui monte à Port Gentil contre cette société et les
responsables politiques et médias qui sont intervenus avec nonchalance, nous demandons
l’érection d’une stèle à Port Gentil en hommage aux disparus, avec la
reconnaissance de la Nation.
Nous nous inclinons devant les familles des disparus et blessés.
Perenco au Guatemala, c’est
fini. La compagnie franco-britannique va
cesser d’exploiter le pétrole et de détruire l’environnement du pays : le
nouveau gouvernement de centre-gauche ne va pas renouveler son contrat.
C’est une des
premières décisions fortes du nouveau gouvernement du Guatemala, dirigé depuis
mi-janvier par Bernardo Arevalo (centre-gauche). Trois semaines après le début
de son mandat, le ministre de l’Énergie et des Mines a annoncé que le
contrat d’exploitation pétrolière de Perenco ne sera pas renouvelé. La décision
tranche avec l’histoire, cousue d’irrégularités, qu’a exposé une enquête de Reporterre,
de la compagnie franco-britannique au Guatemala. Celle-ci avait sans cesse été
soutenue par les autorités.
Ce pays de 14 millions
d’habitants peut dire adieu aux forages et torchères de cette major, et à leurs
corollaires : la destruction, depuis un quart de siècle, de la deuxième
plus grande zone humide d’Amérique latine et celle de la santé des habitants.
Un exemple ? Dans le nord du pays, près de forages du Campo Xan gérés par
l’entreprise, « 30 % des grossesses se terminent par un décès
à la naissance », s’alarmaient trois ONG en 2015 dans une
lettre au Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Deuxième groupe pétrolier
français, Perenco a fait la fortune de la famille Perrodo (classée quinzième de
France par Challenges en 2022) grâce à une spécialité :
le rachat de puits considérés comme n’étant plus rentables afin d’en prolonger
l’exploitation. C’est en 1999 qu’il avait acheté la concession guatémaltèque,
qui courait jusqu’en 2010. À l’approche de son expiration, elle avait été
prolongée de quinze ans par le président Álvaro Colom (centre-gauche). Une
décision suspecte : trois ministres et le Conseil national des zones
protégées (Conap) s’y étaient opposés, et aucune étude d’impact environnemental
— pourtant obligatoire — n’avait été présentée.
Anciennes concessions
pétrolières de Perenco en Amazonie. DR
En outre, Perenco enfreint une
loi environnementale — comme dans bien des pays où il
opère — car le site d’exploitation se trouve au cœur du parc
national Laguna del Tigre, zone déclarée protégée en 1989 où sont interdites
les activités humaines, à plus forte raison industrielles.
Une énième prolongation
Cela n’a pas empêché le
président sortant, Alejandro Giammattei Falla (droite), un oligarque proche des
milieux d’affaires, de tenter de prolonger la concession une fois de plus. Il
fallait pour cela modifier la loi des hydrocarbures, qui n’autorise qu’une
seule prorogation d’une durée de quinze ans – déjà accordée en 2010. Conçu pour
ne bénéficier qu’à l’entreprise, le texte proposé au Congrès par le parti
présidentiel a été aussitôt baptisé « loi Perenco » par
ses opposants.
Il proposait que les contrats
d’opérations pétrolières puissent être prolongés de vingt-cinq ans et sans
appel d’offres jusqu’à atteindre « la limite économique du
gisement ». C’est-à-dire le stade où « les coûts
récupérables », à savoir les investissements réalisés par l’entreprise
et remboursés par l’État, ne sont plus rentables.
Approuvé par le Congrès lors
des deux premières lectures, le texte n’a pu faire l’objet d’une dernière
lecture. Le parti du président avait pourtant tenté de hâter le vote de la loi
avant le terme de la législature (en janvier 2024) – y compris en tentant
d’acheter des votes, comme l’ont dénoncé des députés de l’opposition.
Perte d’argent pour l’État
Avec le renouvellement du
Congrès et du président de la République, entrés en fonction en janvier 2024,
le vent a tourné. Ainsi, le président de la commission de l’Énergie et des
Mines et député du parti Vos (centre-gauche), Orlando Blanco, a-t-il signalé
que, depuis 2014, le contrat de Perenco engendre des pertes pour l’État : « L’activité
pétrolière de Perenco a généré 2,615 milliards de dollars (2,4
milliards d’euros) ; l’État a perçu 713 millions de dollars (657
millions d’euros) de redevances, mais a rendu à l’entreprise 896 millions de
dollars (826 millions d’euros) » en raison du dispositif de « coûts
récupérables ».
La fin des opérations de
Perenco est donc prévue au terme du contrat, soit le 12 août 2025. Une
table ronde réunira notamment le ministère de l’Environnement et des Ressources
naturelles et le Conap afin, a annoncé le ministre de l’Énergie et des Mines
Víctor Hugo Ventura, « d’analyser
les étapes à suivre, d’assurer que la transition soit adéquate et que soient
prises les mesures nécessaires dans le processus de fermeture ».
La multinationale, qui a
extrait plus de 90 millions de barils de pétrole des terres du pays, a commencé
dès juin 2023 à abandonner ses puits. À ce jour, 46 puits sur 59 sont encore
actifs.
Dans
le bassin du Congo, les sites de Perenco polluent gravement l’air
Au Cameroun et au Gabon, les sites d’extraction
de la multinationale Perenco pratiquent le torchage, ce procédé consistant à
brûler l’excédent de gaz. Malgré la régulation en vigueur, l’air s’en trouve
gravement pollué, causant l’inquiétude et le désarroi des habitants.
Au cœur de la forêt
de Bipaga, sur la côte atlantique du sud du Cameroun, aux abords de Kribi, se
trouve l’usine de traitement de gaz de la Société nationale des hydrocarbures
(SNH). Elle est exploitée par la multinationale franco-britannique Perenco, qui
représente un peu moins des trois quarts de la production pétrolière nationale
(72 %) en 2023 et produit la quasi-totalité du gaz du pays.
Au milieu des infrastructures métalliques étalées sur 22 hectares s’élève un
conduit de près de 50 mètres de haut d’où brûle une flamme jaune vif
d’intensité variable. Dès les premiers jours de sa mise en activité, courant
2018, cette torchère avait semé la panique chez les habitants d’Eboudawae, un
village situé à quelques centaines de mètres de l’usine.
« Quand ils ont vu les flammes, les soldats du BIR (Bataillon
d’intervention rapide) ont fui. Ils sautaient de leurs postes » relate
Anne*, une habitante voisine de l’installation, à notre partenaire local
InfoCongo. D’autres se souviennent de « secousses » sismiques.
Seule une source informelle confiera plus tard à certains habitants que la
société brûle « des déchets », sans s’étendre sur les détails.
Ce procédé porte un nom bien précis, il s’agit du torchage de gaz. Une
pratique propre au secteur des énergies fossiles qui consiste à brûler les
excédents de méthane issus de l’exploitation de gaz et de pétrole. Elle est
décriée depuis plusieurs années, aussi bien par la communauté scientifique que
par de nombreuses institutions internationales. En cause, les lourds impacts
écologiques, sanitaires et énergétiques qui lui sont attribués.
La Banque mondiale est d’ailleurs à l’initiative du traité « Zero
Flaring Routine » (zéro torchage de routine), lancé en 2015, que le
Cameroun et le Gabon ont signé aux côtés de dizaines d’États, d’institutions
publiques et d’opérateurs financiers, engagés à mettre fin aux situations de
torchage injustifié dans les années à venir.
Un objectif partagé par Perenco, selon son porte-parole, qui évoque « un
plan d’action 2030 pour le Climat et la Transition énergétique, dans lequel
Perenco a déclaré qu’il visait zéro torchage de routine », d’ici cette
date. Un horizon qui semble encore lointain pour les populations camerounaises
et gabonaises qui se disent affectées par cette pratique.
Des
flammes de jour comme de nuit depuis dix ans
L’activiste franco-gabonais Bernard Christian Rekoula, questionné par
Mediapart sur sa première visite des sites Perenco sur les côtes gabonaises,
courant 2020, reste saisi par son souvenir d’Etimboué, sur le littoral au sud
de Port-Gentil. « L’air proche des têtes de puits de pétrole et des
torchères était suffocant. Quand nous avons découvert la zone d’Etimboué où
opère Perenco, il y avait des villages entiers quasiment irrespirables à cause
de fortes émanations de gaz », confie le lanceur d’alerte, aujourd’hui
réfugié en France.
Bernard Christian Rekoula parle d’un torchage « continu »,
un témoignage similaire à celui de Pierre Philippe Akendengué, un vétéran du
groupe Perenco, pour lequel il a travaillé dix-sept ans avant d’entamer un
parcours politique comme député de la région, en 2018. « À Oba, on fait
du torchage de gaz. À Batanga, sur la plus grande station Perenco du Gabon, on
en fait aussi. C’est régulier, non-stop, même en mer » souligne
l’ancien élu, retourné à la vie civile après le coup d’État du 30 août
dernier. « Les villages empestent le gaz », poursuit-il,
décrivant la pollution ininterrompue des torchères de Perenco, de jour comme de
nuit.
Au Cameroun également, le groupe torche continuellement, comme le confie un
ancien ingénieur de la multinationale, évoquant des torchères « réparties
sur tous les sites de Perenco » et actives « sans arrêt,
vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». Un témoignage à rebours d’une
étude environnementale cosignée par Perenco en 2006 sur l’usine de Bipaga, qui
mentionne bien une activité de torchage, mais limitée « au rejet
accidentel » ou à des cas de « dysfonctionnement »,
en vue de « limiter la production de gaz à effet de serre ».
Cette pollution de l’air du groupe Perenco dans ces deux pays est loin
d’être exceptionnelle. On décompte 380 actes de torchage, selon les données satellites
fournis par l’ONG américaine Skytruth et analysées par notre partenaire
Environmental Investigative Forum (EIF), consortium international d’enquête
environnementale. EIF a pu évaluer que le torchage de Perenco a entraîné
l’émission d’au moins 33,8 millions de tonnes de CO2 au Gabon et au
Cameroun sur une période de dix ans. À quel prix pour la faune, la flore et les
populations locales ?
Omerta
sur les risques environnementaux et sanitaires
Dans le département camerounais de l’Océan, où se trouve l’usine de Perenco,
le délégué du ministère de l’environnement Benjamin Hamann se veut
rassurant : « Les plateformes [offshores − ndlr] sont très
bien surveillées. La flamme respecte les normes standards. Si les normes
devaient être dépassées, nous serions au courant, mais l’entreprise fait des
efforts pour s’y conformer », assure-t-il, sans plus de précisions sur
les normes en question ou la légalité de ces torchères.
Le torchage est pourtant reconnu comme une cause d’acidification des milieux marins et terrestres
pouvant nuire aux écosystèmes qui s’y trouvent, comme l’ont démontré de nombreuses études scientifiques menées au Nigeria - l’un
des plus grands « torcheurs » de la planète. Or, c’est aussi à
proximité du parc national Ndongere et de l’estuaire du Rio Del Rey, deux aires
protégées riches en forêts de mangroves du littoral camerounais, que Perenco
torche régulièrement.
Au Gabon, près de dix aires protégées sont également concernées, selon notre
partenaire EIF. Au total, 74 sites naturels sont occupés par Perenco à travers
le monde, comme le révélait Mediapart dans sa précédente enquête sur le
groupe. Sur la question sanitaire, là encore, c’est l’omerta pour les
populations qui vivent à quelques kilomètres – parfois à quelques centaines de
mètres - des torchères dans ces deux pays. De jour comme de nuit, hommes,
femmes et enfants inhalent une atmosphère chargée en composants dont ils
ignorent les risques sur leur santé.
À quatre kilomètres des licences de Perenco, des natifs du village
camerounais de Londji font part de leur inquiétude. Depuis une plage, ils
observent chaque jour l’une des torchères de Perenco. « Quand vous
arriverez là-bas, vous verrez le tuyau. Il en sort une fumée noire. Nous ne
savons pas si cela impacte la santé de nos enfants », s’inquiète
Matthieu Ndembo, 38 ans. Certains habitants suspectent un lien entre les
activités des entreprises pétrolières et des « pathologies survenues au
cours des dernières années » – en particulier chez les plus jeunes.
Mais dans l’unique centre de santé de cette localité camerounaise, le personnel
refuse de commenter cette question.
Babiene Sona, avocat spécialiste des normes socio-environnementales de
l’industrie pétrolière, est catégorique : « Le torchage du gaz
n’est pas acceptable, il contribue à la pollution dans les communautés où le
pétrole est exploité. » Il mentionne aussi des « maladies
de la peau » liées à ce procédé industriel.
Maladies respiratoires et hématologiques, cancers, mais aussi problèmes
cardiaques et morts prématurées figurent parmi les risques sanitaires associés au torchage, selon la
communauté scientifique internationale. Une étude publiée en 2022 démontre par ailleurs les effets
néfastes du torchage sur la santé humaine à partir d’une proximité de 60 km
d’une torchère.
Mais selon la multinationale, ses activités ne présentent « aucun
problème pour la santé des populations ». Le groupe estime même
apporter « une contribution positive à la santé des communautés proches
de ses opérations » et indique investir dans des programmes visant à « renforcer
la capacité et la qualité des structures de soin locales ».
Perenco souligne l’aspect « crucial » de sa contribution
aux systèmes de santé et dit soutenir des « projets majeurs » au
travers de « soutiens infrastructurels, de formations des personnels
médicaux et de la facilitation de l’accès aux soins pour les communautés
isolées ». À titre d’exemple, un porte-parole mentionne le
développement de « laboratoires de dépistage lors de la pandémie de
COVID-19 », qui seront prochainement reconvertis pour tester la
tuberculose.
Torchage
« interdit » - sous conditions
Au Cameroun, la loi mentionne des autorisations possibles de torchage à
titre exceptionnel, lorsque des difficultés techniques et économiques le
justifient et pour une durée « qui ne peut excéder soixante
jours », sous peine de sanctions financières. Une fréquence maximale
que dépasse largement Perenco dans le pays, aux dires des témoignages réunis
par InfoCongo et des données analysées par l’EIF.
Une étude d’impact environnemental doit en outre être fournie par
l’exploitant afin de minimiser les risques associés au torchage. Le Gabon
interdit quant à lui explicitement le torchage depuis 2019 - sauf autorisation
spéciale du ministère chargé de la préservation de l’environnement.
Les autorités camerounaises et gabonaises, sollicitées par Mediapart, n’ont
pas souhaité répondre à nos demandes de consultation des études
environnementales et des autorisations de torchage en question, pour ce qui
relève des blocs pétroliers opérés par Perenco.
En République démocratique du Congo (RDC), c’est dans un contexte similaire
d’autorisations environnementales invérifiables, d’interdiction de torchage et
d’extraction sur des aires protégées que les ONG Sherpa et les Amis de la Terre
avaient choisi d’assigner Perenco en justice pour « préjudice
écologique ». Procédure que le groupe n’a pas souhaité commenter.
Au contexte propre à la RDC s’ajoutent de nombreux impacts sanitaires et
environnementaux, en tout point similaires à ceux documentés par l’activiste
Bernard Christian Rekoula au Gabon, mais aussi par les médias Investigate Europe et Disclose, dans le cadre de leur
enquête « Perenco Files ». Le volet Gabon des « Perenco
Files » révélait, entre autres, près de 17 faits de pollution auxquels
viennent s’ajouter 187 actes de torchage que révèlent aujourd’hui Mediapart et
ses partenaires, dans ce seul pays.
Pourtant, le porte-parole du groupe l’assure : « Perenco adhère
à toutes les régulations locales et aux meilleurs standards internationaux,
partout où elle opère, et ce avec les autorisations nécessaires »,
sans toutefois nous transmettre ces dernières. « Il y a du torchage
parce qu’il n’y a pas de marché du gaz ou de solution technique
appropriée », explique aussi le groupe à Mediapart, mettant en avant
sa démarche et ses efforts au Gabon. À lire aussi
Pour preuve, le développement à venir d’une usine de gaz naturel liquéfié
(GNL) sur le terminal pétrolier du cap Lopez à Port-Gentil prévu pour 2026. Un
projet capable de « réduire le torchage de 500 millions de tonnes de
méthane ». Le GNL est une technologie jugée « complexe » et
dont les avantages environnementaux seraient douteux. En effet, ce procédé
serait « deux à trois fois plus émetteur de CO2 qu’un
gazoduc classique », comme le rapportaient nos confrères du journal Le Monde en 2022.
Dans l’attente de la réalisation de ce projet, Perenco semble pourtant déjà
satisfait de ses résultats au Gabon, affirmant que 70 % du pays « est
alimenté par le gaz des champs de Perenco qui aurait été brûlé autrement »,
ce qui laisse entendre que les activités de torchage du groupe n’empêcheraient
pas un bénéfice énergétique considérable pour le pays. Un chiffre contredit par
l’agence Ecofin selon laquelle le pays ne produirait que « 20 %
du gaz consommé sur place », ce qui revient en réalité à seulement
14 % de la consommation énergétique locale assurée par Perenco.
Le Gabon et le Cameroun figurent tous deux dans la liste des
30 pays torchant le plus au monde, selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2023.
Perenco serait à l’origine de plus de 90 % des volumes de gaz torchés au
Cameroun, et de près de 60 % au Gabon, selon les données analysées par l’EIF.
Au niveau mondial, le torchage représente un manque énergétique considérable.
Puisque selon la Banque mondiale, les 140 milliards de mètres cubes de
méthane brûlés chaque année suffiraient à couvrir les besoins énergétiques de
l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.
Si vous avez des informations à nous communiquer,
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